Entorse de cheville : traitement et rééducation en kinésithérapie

L’entorse de cheville est une blessure fréquente. Elle touche souvent les ligaments externes. Une prise en charge précoce aide à réduire la douleur, reprendre l’appui et limiter le risque de récidive.

Publié le 28 juillet 2026Mis à jour le 30 août 2026 14 min de lecture

L’entorse de cheville est une blessure fréquente. Elle touche souvent les ligaments externes. Une prise en charge précoce aide à réduire la douleur, reprendre l’appui et limiter le risque de récidive.

Une entorse dite « légère » ne doit pas toujours être banalisée. Une mauvaise récupération peut laisser une gêne, une peur ou une cheville instable.

La rééducation ne vise donc pas seulement la baisse du gonflement. Elle doit restaurer la mobilité, la force, l’équilibre et la confiance.

Ce guide présente le bilan, le traitement et les critères de retour au sport.

Qu’est-ce qu’une entorse de cheville ?

Une entorse de cheville correspond à une atteinte d’un ou plusieurs ligaments.

Elle apparaît souvent lors d’un mouvement rapide du pied. Le mécanisme le plus fréquent associe une flexion plantaire et une inversion.

Les ligaments externes sont alors les plus exposés.

L’entorse peut provoquer :

  • une douleur ;
  • un gonflement ;
  • un bleu ;
  • une perte de mobilité ;
  • une gêne à l’appui ;
  • une baisse de force ;
  • une sensation d’instabilité.

La gravité varie selon les tissus touchés. L’examen clinique reste donc essentiel.

Les principaux ligaments externes

Le ligament collatéral latéral comprend trois faisceaux :

  • le ligament talo-fibulaire antérieur ;
  • le ligament calcanéo-fibulaire ;
  • le ligament talo-fibulaire postérieur.

Le ligament talo-fibulaire antérieur est souvent le premier touché.

D’autres structures peuvent aussi être atteintes. Une douleur de cheville ne doit donc pas être réduite à un seul ligament.

Quels sont les différents types d’entorse ?

Une entorse peut être latérale, médiale ou haute.

L’entorse latérale

Elle touche les ligaments externes.

C’est la forme la plus fréquente. Elle survient souvent après une réception, un changement de direction ou un faux pas.

L’entorse médiale

Elle touche les ligaments internes.

Elle est moins fréquente. Son mécanisme et les lésions liées peuvent être différents.

L’entorse haute

Elle touche la syndesmose entre le tibia et la fibula.

Elle peut provoquer une douleur plus haute que l’entorse latérale classique. Son retour au sport est parfois plus long.

Une suspicion d’entorse haute exige un bilan adapté.

Comment évaluer la gravité d’une entorse de cheville ?

La gravité ne dépend pas uniquement du gonflement.

Le bilan tient compte :

  • du mécanisme ;
  • de la douleur ;
  • de l’appui ;
  • de la mobilité ;
  • de la force ;
  • de la stabilité ;
  • des zones sensibles ;
  • des activités possibles ;
  • des signes de lésion liée.

Entorse légère

Une entorse légère peut provoquer une douleur et un faible gonflement.

La marche reste souvent possible. La stabilité est peu modifiée.

Entorse modérée

La douleur et le gonflement sont plus marqués.

La marche peut être difficile. Une laxité ou une perte de fonction peut être présente.

Entorse grave

Une entorse grave peut associer une forte perte de fonction et une atteinte ligamentaire plus large.

Une fracture ou une autre lésion doit aussi être exclue.

Cette classification reste simple. Elle ne suffit pas à guider tout le traitement.

Quand faut-il demander un avis médical ?

Certaines situations imposent une évaluation médicale ou une imagerie.

Il faut être attentif en cas de :

  • appui impossible ;
  • forte douleur osseuse ;
  • déformation ;
  • bruit sec avec perte de fonction ;
  • douleur très haute dans la jambe ;
  • pied froid ou pâle ;
  • perte de sensibilité ;
  • gonflement très rapide ;
  • douleur qui augmente fortement ;
  • absence de progrès ;
  • nouveau traumatisme important.

Des règles cliniques peuvent aider à estimer le besoin de radiographie. Elles doivent être utilisées par un professionnel formé.

Le but est d’exclure une fracture ou une lésion qui change la prise en charge.

Le bilan kinésithérapique après une entorse de cheville

Le bilan commence par l’histoire du traumatisme.

Le kinésithérapeute cherche à comprendre :

  • le mouvement de la blessure ;
  • le moment du traumatisme ;
  • la capacité à marcher ;
  • l’apparition du gonflement ;
  • la zone de douleur ;
  • les soins déjà reçus ;
  • les anciennes entorses ;
  • le sport pratiqué ;
  • les objectifs du patient.

Le bilan diagnostic kinésithérapique permet ensuite de relier ces données au plan de soin.

Observer la cheville

L’examen peut rechercher :

  • un gonflement ;
  • un bleu ;
  • une déformation ;
  • une zone rouge ;
  • une perte d’appui ;
  • une marche modifiée.

Le côté sain peut servir de repère.

Tester la mobilité

La mobilité peut être évaluée dans plusieurs plans.

La flexion dorsale est souvent importante pour :

  • marcher ;
  • descendre un escalier ;
  • courir ;
  • s’accroupir ;
  • réceptionner un saut.

Une perte de mobilité peut donc limiter de nombreuses tâches.

Tester la force

La force doit être évaluée selon les besoins du patient.

Le bilan peut inclure :

  • les fibulaires ;
  • le mollet ;
  • les fléchisseurs ;
  • les muscles du pied ;
  • les muscles de la hanche.

La cheville ne fonctionne pas seule. Tout le membre inférieur participe au contrôle.

Tester l’équilibre

L’équilibre peut être perturbé après une entorse.

Le kinésithérapeute peut évaluer :

  • l’appui sur un pied ;
  • le contrôle des mouvements ;
  • la stabilité avec les yeux fermés ;
  • la portée du pied libre ;
  • la réaction à une tâche en plus.

Les tests doivent rester sûrs.

Évaluer la fonction

Les tests fonctionnels dépendent du niveau du patient.

Ils peuvent inclure :

  • la marche ;
  • les escaliers ;
  • la course ;
  • les sauts ;
  • les changements de direction ;
  • les gestes du travail ;
  • les gestes du sport.

Le but est de mesurer ce que la cheville doit réellement tolérer.

Que faire dans les premiers jours ?

Les premiers soins cherchent à protéger la zone sans imposer un repos trop long.

La charge doit être adaptée à la douleur et à la gravité.

Protéger sans tout bloquer

Une chevillère, un bandage ou des béquilles peuvent être utiles.

Le choix dépend :

  • de la douleur ;
  • de la stabilité ;
  • de l’appui ;
  • du niveau de lésion ;
  • du contexte.

Le support externe ne remplace pas la rééducation.

Reprendre l’appui

Un appui progressif est souvent recherché.

Il peut être adapté avec :

  • deux béquilles ;
  • une seule béquille ;
  • une chevillère ;
  • une marche plus courte ;
  • des pauses.

La qualité de la marche compte autant que la distance.

Gérer le gonflement

Le gonflement peut être suivi par la mesure ou l’observation.

Plusieurs moyens peuvent aider :

  • compression ;
  • élévation ;
  • mouvement doux ;
  • contraction musculaire ;
  • adaptation de la charge.

Le froid peut réduire la douleur chez certains patients. Il ne doit pas devenir le seul traitement.

Éviter le repos complet prolongé

Un repos trop long peut réduire :

  • la mobilité ;
  • la force ;
  • la confiance ;
  • la qualité de l’appui.

Le mouvement doit reprendre dès que la situation le permet.

Les étapes de la rééducation de l’entorse de cheville

La Haute Autorité de Santé recommande une rééducation précoce et adaptée. La progression repose sur des bilans réguliers.

1. Récupérer la mobilité

Les premiers exercices peuvent viser :

  • la flexion dorsale ;
  • la flexion plantaire ;
  • les mouvements actifs ;
  • la mobilité du pied ;
  • une marche plus fluide.

Le travail reste progressif.

Une mobilisation manuelle peut aussi être utilisée. Elle doit servir un retour actif du mouvement.

2. Restaurer la force

La force aide à contrôler le pied et la cheville.

Les exercices peuvent inclure :

  • poussée contre un élastique ;
  • montée sur la pointe des pieds ;
  • marche sur les talons ;
  • appui sur un pied ;
  • squat ;
  • montée sur une marche.

La charge augmente selon la réponse.

Le guide sur l’exercice thérapeutique en kinésithérapie présente les règles de dosage et de progression.

3. Travailler l’équilibre

Le travail de l’équilibre aide à restaurer le contrôle.

La progression peut suivre plusieurs étapes :

  1. appui sur deux pieds ;
  2. appui sur un pied ;
  3. réduction des aides ;
  4. mouvement des bras ;
  5. mouvement de la jambe libre ;
  6. surface plus complexe ;
  7. tâche avec ballon ;
  8. geste rapide.

La difficulté doit rester adaptée.

Faut-il utiliser un coussin instable ?

Un support instable peut être utile. Il ne doit pas être utilisé par défaut.

Le sol stable reste parfois plus proche des besoins réels. Le choix dépend de l’objectif.

4. Développer la puissance

Le sport impose souvent des efforts rapides.

La rééducation peut alors intégrer :

  • petits bonds ;
  • sauts verticaux ;
  • sauts sur un pied ;
  • bonds latéraux ;
  • accélérations ;
  • freinages ;
  • changements de direction.

Cette phase commence après une bonne reprise de la force et du contrôle.

5. Reprendre les gestes du sport

La dernière phase doit ressembler à l’activité visée.

Pour le football, elle peut inclure :

  • course ;
  • conduite de balle ;
  • frappe ;
  • contact ;
  • changement de direction ;
  • saut ;
  • duel.

Pour la course, elle peut inclure :

  • marche rapide ;
  • course lente ;
  • durée croissante ;
  • allure plus forte ;
  • terrain varié.

Le retour au sport doit être progressif.

Comment doser la douleur pendant la rééducation ?

Une légère gêne peut parfois être admise.

Mais une douleur forte ou durable doit conduire à adapter la charge.

Le kinésithérapeute peut suivre :

  • la douleur pendant l’exercice ;
  • le gonflement après la séance ;
  • la qualité de la marche ;
  • la fonction le lendemain ;
  • la confiance ;
  • la fatigue.

Une hausse nette du gonflement peut signaler une dose trop forte.

Le raisonnement clinique en kinésithérapie aide à interpréter ces réponses.

Quel est le rôle de la chevillère et du strapping ?

Une chevillère ou un strapping peut soutenir la reprise.

Ces aides peuvent être utiles :

  • au début ;
  • lors du retour au sport ;
  • en cas de risque de récidive ;
  • pour rassurer le patient.

Elles ne doivent pas remplacer les exercices.

Choisir selon le patient

Le choix dépend :

  • du sport ;
  • du confort ;
  • du niveau de risque ;
  • des anciennes entorses ;
  • de la chaussure ;
  • des règles de la pratique.

Le patient doit savoir poser et vérifier le support.

Éviter la dépendance

Le support externe reste un outil.

La force, l’équilibre et la confiance doivent aussi progresser.

Comment prévenir une nouvelle entorse ?

Une première entorse augmente le risque de récidive.

La prévention doit donc faire partie du traitement.

Elle peut inclure :

  • exercices d’équilibre ;
  • renforcement du mollet ;
  • renforcement des fibulaires ;
  • travail de sauts ;
  • gestes propres au sport ;
  • reprise progressive ;
  • chevillère selon le cas ;
  • échauffement adapté.

Les programmes d’exercices peuvent réduire le risque de nouvelle entorse.

Poursuivre après la reprise

La prévention ne doit pas s’arrêter le jour du retour au sport.

Quelques exercices peuvent être gardés dans l’échauffement.

Le plan doit rester simple pour être suivi.

L’instabilité chronique de cheville

Certains patients gardent une sensation de cheville qui « lâche ».

Ils peuvent aussi présenter :

  • des entorses répétées ;
  • une peur ;
  • une baisse d’équilibre ;
  • une perte de force ;
  • une gêne lors des sauts ;
  • une confiance faible.

On parle parfois d’instabilité chronique de cheville.

Une approche globale

Le bilan doit explorer :

  • la mobilité ;
  • la force ;
  • l’équilibre ;
  • les réactions rapides ;
  • la hanche ;
  • la confiance ;
  • les gestes du sport.

Une chevillère seule ne suffit pas toujours.

Les exercices doivent être adaptés aux déficits trouvés.

Quand reprendre le travail ?

Le délai dépend du métier et de la gravité.

Un travail assis ne demande pas les mêmes capacités qu’un travail sur un toit.

Les critères peuvent inclure :

  • marche sûre ;
  • douleur tolérable ;
  • gonflement contrôlé ;
  • appui stable ;
  • port de charge possible ;
  • montée d’escaliers ;
  • usage des chaussures de travail.

Une reprise adaptée peut parfois être discutée.

Quand reprendre le sport après une entorse ?

Le retour au sport ne doit pas dépendre uniquement du temps.

Le cadre PAASS propose cinq domaines à évaluer :

  • douleur ;
  • déficiences de la cheville ;
  • perception du sportif ;
  • contrôle sensorimoteur ;
  • performance sportive.

La douleur

Il faut évaluer la douleur :

  • au repos ;
  • pendant le sport ;
  • après le sport ;
  • le lendemain.

Les déficiences

Le bilan porte sur :

  • la mobilité ;
  • la force ;
  • l’endurance ;
  • la puissance.

La perception du sportif

Le patient doit se sentir prêt.

Sa confiance et sa peur de récidive comptent dans la décision.

Le contrôle sensorimoteur

L’équilibre et la stabilité doivent être testés.

Les tests peuvent être simples ou proches du sport.

La performance sportive

Le patient doit tolérer :

  • les sauts ;
  • les courses ;
  • les freinages ;
  • les changements de direction ;
  • une séance complète.

La fatigue doit aussi être prise en compte.

Exemple de prise en charge après une entorse

Une joueuse de handball de 24 ans se tord la cheville lors d’une réception.

Elle présente une douleur externe et un gonflement. La fracture est exclue.

Première phase

Les premiers objectifs sont :

  • réduire la douleur ;
  • reprendre l’appui ;
  • limiter le gonflement ;
  • récupérer la mobilité ;
  • marcher sans forte boiterie.

Le programme inclut des mouvements actifs et une charge adaptée.

Deuxième phase

La joueuse commence :

  • renforcement avec élastique ;
  • montées sur la pointe ;
  • équilibre sur un pied ;
  • squat ;
  • montée sur une marche.

La difficulté monte selon les résultats.

Troisième phase

Le programme ajoute :

  • sauts ;
  • bonds latéraux ;
  • freinages ;
  • changements de direction ;
  • gestes avec ballon.

La chevillère peut être utilisée lors de la reprise.

Retour au handball

La joueuse doit tolérer un entraînement complet.

La douleur, la force, la confiance et la performance sont vérifiées.

La reprise du match se fait ensuite par étapes.

Les erreurs fréquentes à éviter

Reprendre dès que la douleur baisse

Une douleur faible ne prouve pas que la cheville est prête.

La force et la stabilité doivent aussi être testées.

Garder un repos complet

Un repos prolongé peut ralentir la reprise de fonction.

La charge doit être adaptée plutôt que supprimée.

Traiter uniquement le gonflement

Le gonflement est un signe parmi d’autres.

La mobilité, la force et l’équilibre doivent aussi être restaurés.

Oublier la prévention

Sans travail ciblé, le risque de récidive peut rester élevé.

La prévention doit continuer après la reprise.

Utiliser seulement une chevillère

Une aide externe ne remplace pas les exercices.

Elle doit compléter la rééducation.

Négliger la confiance

Un patient peut être fort mais ne pas se sentir prêt.

La peur doit être évaluée et traitée par une reprise progressive.

Les points clés à retenir

  • L’entorse de cheville touche souvent les ligaments externes.
  • Une fracture doit parfois être exclue.
  • La rééducation doit commencer tôt.
  • Le repos complet prolongé est rarement utile.
  • L’appui reprend de façon progressive.
  • La mobilité doit être restaurée.
  • La force et l’équilibre sont essentiels.
  • Les sauts préparent au sport.
  • Une chevillère peut aider sans remplacer les exercices.
  • La prévention réduit le risque de récidive.
  • Le retour au sport repose sur plusieurs critères.
  • La confiance fait partie de la décision.

Améliorer la rééducation des entorses avec Biopsychosocial

Une entorse de cheville demande plus qu’une baisse du gonflement.

Le kinésithérapeute doit organiser la reprise de l’appui, des sauts et du sport. Il doit aussi limiter les récidives.

Biopsychosocial propose des formations et des ressources conçues pour les kinés. Elles rendent les preuves plus simples à utiliser au cabinet.

Vous pouvez gagner du temps, mieux structurer vos bilans et suivre des critères clairs.

Découvrez Biopsychosocial pour proposer des soins plus actifs et mieux adaptés à chaque patient.

Ressources associées

Continuez avec BIOPSYCHOSOCIAL

Formations cliniques, bibliothèque d'exercices et communauté pour kinésithérapeutes qui veulent progresser.