Douleur au poignet : traitement et exercices en kinésithérapie

Une douleur au poignet peut limiter la préhension, l’appui sur la main, le clavier, le port d’objets ou la pratique sportive.

Publié le 28 juillet 2026Mis à jour le 30 août 2026 7 min de lecture

Une douleur au poignet peut limiter la préhension, l’appui sur la main, le clavier, le port d’objets ou la pratique sportive. Elle peut apparaître après une chute, un geste répété, une augmentation de charge ou sans événement évident.

Le traitement dépend de la structure potentiellement impliquée, de l’irritabilité et des exigences du patient. Une douleur radiale n’est pas prise en charge comme une fracture du scaphoïde, une atteinte du ligament scapho-lunaire, une douleur ulnaire, un syndrome du canal carpien ou une raideur après fracture.

Quels sont les objectifs de la prise en charge ?

  • exclure une fracture, une luxation, une infection et une atteinte neurovasculaire ;
  • préciser la localisation et les activités provocatrices ;
  • restaurer la mobilité utile ;
  • améliorer la force de préhension et la capacité d’appui ;
  • exposer progressivement le poignet aux contraintes professionnelles ou sportives ;
  • réduire la dépendance aux protections lorsque celles-ci ne sont plus nécessaires.

Commencer par un bilan précis

Le kinésithérapeute recherche le mécanisme, la localisation, les gonflements, les craquements, les blocages, les paresthésies et les changements de charge. Après une chute sur la main, une douleur de la tabatière anatomique, une douleur osseuse marquée ou une incapacité fonctionnelle importante justifient une orientation pour exclure une fracture.

Une consultation rapide est également nécessaire devant une déformation, une main froide ou pâle, un déficit moteur récent, un poignet rouge et chaud avec fièvre, une plaie profonde ou une aggravation rapide.

Pour approfondir l’examen initial, consultez notre article sur le bilan kiné d’une douleur au poignet.

Adapter les contraintes sans immobiliser systématiquement

Une orthèse peut être utile après certaines lésions ou pour diminuer temporairement une contrainte irritante. Son utilisation dépend cependant du diagnostic, de la phase de cicatrisation et des recommandations médicales.

En dehors d’une indication de protection, l’objectif est généralement de conserver les activités tolérées :

  • réduire temporairement la durée ou l’intensité des tâches ;
  • fractionner le travail manuel ;
  • modifier une prise ou un outil ;
  • éviter provisoirement les appuis prolongés en extension ;
  • maintenir les mouvements non irritants ;
  • réintroduire progressivement les contraintes.

Restaurer progressivement la mobilité

Les mouvements peuvent être réalisés activement dans une amplitude confortable :

  • flexion et extension ;
  • inclinaison radiale et ulnaire ;
  • pronation et supination ;
  • ouverture et fermeture de la main ;
  • opposition du pouce.

Après une immobilisation, des mouvements courts et fréquents sont souvent mieux tolérés qu’une séance longue et agressive. Les étirements forcés ne sont pas systématiquement nécessaires. Une raideur post-fracture doit respecter la consolidation et les consignes du chirurgien.

Commencer le renforcement par des contractions adaptées

Les exercices isométriques permettent de charger sans mouvement important :

  • extension du poignet contre l’autre main ;
  • flexion contre résistance ;
  • inclinaison radiale ou ulnaire ;
  • pronation et supination avec résistance manuelle ;
  • préhension légère d’une balle.

Le patient peut commencer par 3 à 5 séries de 20 à 30 secondes, avec une intensité modérée, puis ajuster selon la douleur et la réaction ultérieure. Ce dosage est un point de départ, pas une règle universelle.

Progresser vers un renforcement dynamique

Lorsque les exercices isométriques sont bien tolérés, le programme peut intégrer :

  • flexion et extension avec haltère ou élastique ;
  • inclinaisons avec une charge légère ;
  • pronation et supination avec un marteau ;
  • travail concentrique et excentrique ;
  • préhensions de diamètres différents ;
  • port d’objets ;
  • ouverture des doigts contre un élastique.

Une base pratique consiste à réaliser 2 à 4 séries de 8 à 15 répétitions, deux à quatre fois par semaine. La résistance augmente quand l’exercice est contrôlé et que la réaction ne reste pas aggravée le lendemain.

Réentraîner l’appui sur la main

L’appui est progressé selon une échelle simple :

  1. paume contre un mur ;
  2. appui sur une table ;
  3. position à quatre pattes ;
  4. transferts de poids ;
  5. planche inclinée ;
  6. planche au sol ;
  7. pompes, réceptions ou appuis sportifs.

Une poignée, un haltère ou un poing peut réduire temporairement l’extension si la position paume au sol est trop sensible.

Adapter les exercices selon la localisation

Douleur radiale

Il faut différencier les tendons du pouce, l’articulation, le scaphoïde et une irritation nerveuse. Les charges du pouce et la préhension sont réintroduites progressivement après exclusion d’une fracture.

Douleur ulnaire

Le complexe fibrocartilagineux triangulaire, les tendons extenseur et fléchisseur ulnaire du carpe, l’articulation radio-ulnaire distale et le nerf ulnaire peuvent être impliqués. Les rotations sous charge et les appuis nécessitent une progression spécifique.

Symptômes neurologiques

En cas de fourmillements, il faut examiner la sensibilité, la force, le rachis cervical et les trajets nerveux. Une orthèse nocturne peut être pertinente dans certaines présentations du canal carpien, mais elle ne remplace pas l’identification des facteurs contributifs.

Les traitements passifs ont-ils une place ?

Les mobilisations, le taping, la chaleur, le froid ou certaines orthèses peuvent apporter une aide temporaire. Ils sont surtout utiles s’ils facilitent le mouvement, le sommeil ou l’exercice. Une amélioration durable nécessite généralement de restaurer la capacité du poignet et du membre supérieur.

Exemple de progression

Une graphiste présente depuis six semaines une douleur dorsale du poignet après une hausse du temps de travail et la reprise de l’escalade. Les drapeaux rouges sont absents. L’extension en appui et la préhension forte reproduisent les symptômes.

Le programme associe une adaptation temporaire de l’escalade, des pauses actives au travail, des isométriques, puis un renforcement dynamique. L’appui progresse du mur vers la table, puis les prises d’escalade faciles. La douleur pendant l’appui, la force de préhension et la réaction le lendemain guident la progression.

Les erreurs fréquentes

Immobiliser sans indication pendant plusieurs semaines

Une protection trop longue peut majorer la raideur, la faiblesse et l’appréhension.

Forcer l’amplitude douloureuse

La douleur importante n’est pas nécessaire pour récupérer la mobilité.

Traiter toute douleur radiale comme une tendinopathie

Une fracture du scaphoïde ou une atteinte ligamentaire doit être exclue lorsque le contexte l’évoque.

Renforcer uniquement la préhension

La rotation de l’avant-bras, l’appui, le coude et l’épaule participent aussi à la fonction.

Intégrer les facteurs psychosociaux

La douleur ne se résume pas à l’état d’un tissu. Le bilan et le traitement prennent aussi en compte les inquiétudes, les croyances, la peur du mouvement, l’évitement, le sommeil, le stress, les contraintes professionnelles, les expériences antérieures et les objectifs. Ces facteurs peuvent modifier la tolérance à l’effort, l’adhésion et la récupération sans rendre la douleur « imaginaire ».

Comment suivre l’évolution ?

Quelques indicateurs reproductibles sont généralement plus utiles qu’une accumulation de tests :

  • l’intensité de la douleur pendant une activité choisie ;
  • la fonction rapportée par le patient ;
  • une amplitude pertinente ;
  • une mesure de force ou d’endurance ;
  • le volume d’activité toléré ;
  • la qualité d’une tâche fonctionnelle ;
  • la réaction dans les 24 heures ;
  • le niveau de confiance.

Le programme est ajusté selon l’évolution de ces mesures, et pas uniquement selon la douleur au repos.

Ce qu’il faut retenir

Une prise en charge de qualité associe dépistage, raisonnement clinique, éducation, adaptation temporaire des contraintes, exercice progressif et retour aux activités importantes. Aucun test, exercice ou traitement passif ne convient à toutes les présentations.

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Ressources associées

  • Mehta SP, et al. Distal Radius Fracture Rehabilitation. JOSPT, 2024. Consulter la source.
  • Erickson M, et al. Hand Pain and Sensory Deficits: Carpal Tunnel Syndrome. JOSPT, 2019. Consulter la source.
  • American College of Radiology. ACR Appropriateness Criteria: Acute Hand and Wrist Trauma. Consulter la source.

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