Comment réaliser un bilan kiné pour une douleur au poignet ?

La douleur au poignet peut apparaître après une chute, un effort brutal, une immobilisation, une augmentation des gestes répétitifs ou sans événement clairement identifiable.

Publié le 28 juillet 2026Mis à jour le 30 août 2026 26 min de lecture

La douleur au poignet peut apparaître après une chute, un effort brutal, une immobilisation, une augmentation des gestes répétitifs ou sans événement clairement identifiable.

Elle peut être liée à des structures osseuses, ligamentaires, tendineuses, articulaires ou nerveuses. Une douleur du bord radial ne correspond donc pas systématiquement à une ténosynovite de De Quervain, comme une douleur ulnaire ne confirme pas à elle seule une lésion du complexe fibrocartilagineux triangulaire.

Un bilan kiné du poignet complet associe :

  • un entretien précis ;
  • la recherche de signes nécessitant une orientation médicale ;
  • la localisation des symptômes ;
  • l’analyse du mécanisme traumatique ou des contraintes répétées ;
  • l’examen du coude, de l’avant-bras, de la main et du rachis cervical ;
  • la mesure des amplitudes ;
  • l’évaluation de la force et de la préhension ;
  • des tests cliniques sélectionnés selon les hypothèses ;
  • l’analyse des tâches fonctionnelles, professionnelles ou sportives ;
  • des mesures reproductibles pour suivre l’évolution.

Quels sont les objectifs du bilan du poignet ?

Le bilan doit permettre de répondre à plusieurs questions :

  • la douleur est-elle apparue après un traumatisme ?
  • une fracture ou une luxation est-elle possible ?
  • la douleur est-elle radiale, ulnaire, dorsale, palmaire ou diffuse ?
  • existe-t-il un gonflement, une déformation ou un blocage ?
  • les symptômes sont-ils mécaniques, neurologiques ou inflammatoires ?
  • quels mouvements et quelles charges reproduisent la douleur ?
  • la mobilité du poignet ou de l’avant-bras est-elle limitée ?
  • la force de préhension est-elle diminuée ?
  • existe-t-il une instabilité ?
  • quelles activités sont devenues difficiles ?
  • quelles contraintes ont précédé l’apparition des symptômes ?
  • quelles capacités le patient doit-il retrouver ?
  • quels indicateurs permettront de mesurer sa progression ?

L’objectif n’est pas d’accumuler les tests spéciaux. Chaque test doit répondre à une hypothèse clinique ou fournir une mesure utile pour la réévaluation.

Commencer par un entretien précis

Le kinésithérapeute recherche notamment :

  • la date d’apparition ;
  • le caractère brutal ou progressif ;
  • l’existence d’une chute ou d’un choc ;
  • la localisation précise de la douleur ;
  • son intensité ;
  • son comportement sur 24 heures ;
  • les mouvements aggravants ;
  • les positions soulageantes ;
  • la présence de douleurs nocturnes ;
  • un gonflement ;
  • une raideur ;
  • une faiblesse ;
  • une perte de sensibilité ;
  • des fourmillements ;
  • une sensation de blocage ;
  • des claquements douloureux ;
  • une impression d’instabilité ;
  • les antécédents traumatiques ou chirurgicaux ;
  • les traitements déjà réalisés ;
  • les examens médicaux disponibles ;
  • les objectifs du patient.

Il faut également rechercher une modification récente des contraintes :

  • augmentation du travail sur ordinateur ;
  • utilisation répétée d’une souris ;
  • bricolage ou jardinage ;
  • port répété d’un enfant ;
  • reprise de la musculation ;
  • augmentation du volume d’escalade ;
  • sports de raquette ;
  • gymnastique ou CrossFit ;
  • utilisation d’outils vibrants ;
  • gestes professionnels de préhension ;
  • changement de matériel ;
  • diminution des temps de récupération.

Une relation temporelle entre l’augmentation de ces contraintes et les symptômes peut orienter le raisonnement sans suffire à identifier une structure.

Localiser précisément la douleur

Douleur du côté radial

Une douleur du côté du pouce peut notamment faire évoquer :

  • une fracture du scaphoïde ;
  • une ténosynovite de De Quervain ;
  • une atteinte des extenseurs radiaux ;
  • une arthrose scapho-trapézo-trapézoïdienne ;
  • une rhizarthrose ;
  • une atteinte ligamentaire scapho-lunaire ;
  • un syndrome d’intersection ;
  • une irritation de la branche sensitive du nerf radial.

Douleur du côté ulnaire

Une douleur du côté de l’auriculaire peut être associée à :

  • une atteinte du complexe fibrocartilagineux triangulaire ;
  • une instabilité radio-ulnaire distale ;
  • une tendinopathie de l’extenseur ulnaire du carpe ;
  • une tendinopathie du fléchisseur ulnaire du carpe ;
  • un conflit ulno-carpien ;
  • une atteinte du pisiforme ou de l’os crochu ;
  • une neuropathie ulnaire ;
  • une arthropathie.

Douleur dorsale

Une douleur sur le dos du poignet peut faire considérer :

  • une atteinte scapho-lunaire ;
  • un conflit dorsal ;
  • un kyste synovial ;
  • une atteinte des tendons extenseurs ;
  • une synovite ;
  • une instabilité carpienne ;
  • une fracture occulte ;
  • une surcharge liée aux appuis en extension.

Douleur palmaire

Une douleur sur la face palmaire peut notamment être liée à :

  • une atteinte des tendons fléchisseurs ;
  • un syndrome du canal carpien ;
  • une irritation du nerf ulnaire ;
  • une atteinte du pisiforme ;
  • une pathologie articulaire ;
  • une masse ou un kyste ;
  • une douleur référée.

Cette localisation constitue un point de départ. Elle ne doit jamais être assimilée directement à un diagnostic.

Analyser le mécanisme traumatique

Après un traumatisme, il faut préciser :

  • le patient est-il tombé sur la main ouverte ?
  • le poignet était-il en extension ou en flexion ?
  • une déviation radiale ou ulnaire était-elle associée ?
  • une rotation ou une torsion a-t-elle eu lieu ?
  • le choc était-il direct ?
  • un craquement a-t-il été entendu ?
  • une déformation était-elle visible ?
  • le patient a-t-il pu poursuivre son activité ?
  • un gonflement ou un hématome est-il apparu ?
  • la douleur était-elle immédiate ou retardée ?
  • le patient peut-il mobiliser les doigts ?
  • peut-il serrer un objet ?
  • existe-t-il un engourdissement ?
  • la main est-elle froide ou pâle ?

Une chute sur la main peut provoquer une fracture du radius distal, du scaphoïde ou d’un autre os du carpe, mais aussi une lésion ligamentaire. L’absence de déformation n’exclut pas une fracture.

Rechercher les signes nécessitant une orientation médicale

Une orientation rapide peut être nécessaire en présence de :

  • déformation après un traumatisme ;
  • suspicion de fracture ou de luxation ;
  • douleur osseuse importante ;
  • incapacité à utiliser la main ;
  • gonflement majeur ou rapidement progressif ;
  • blocage articulaire aigu ;
  • perte brutale de force ;
  • déficit sensitif ou moteur récent ;
  • main froide, pâle ou cyanosée ;
  • diminution du pouls ;
  • plaie profonde ou morsure ;
  • rougeur, chaleur et fièvre ;
  • douleur intense et rapidement progressive ;
  • masse augmentant de volume ;
  • douleur nocturne osseuse inexpliquée ;
  • altération de l’état général ;
  • antécédent de cancer ;
  • aggravation persistante malgré une prise en charge adaptée.

Une douleur persistante dans la tabatière anatomique après une chute doit notamment faire suspecter une fracture du scaphoïde, même lorsque les premières radiographies sont normales.

Rechercher une fracture du scaphoïde

La fracture du scaphoïde survient fréquemment après une chute sur la main en extension.

Les éléments évocateurs comprennent :

  • une douleur du bord radial ;
  • une douleur dans la tabatière anatomique ;
  • une douleur sur le tubercule du scaphoïde ;
  • une douleur lors de la compression axiale du pouce ;
  • une douleur lors de la déviation ulnaire ;
  • une diminution de la préhension ;
  • un gonflement parfois discret.

La sensibilité de la tabatière anatomique est utile pour repérer une fracture potentielle, mais sa spécificité est limitée. Aucun de ces tests ne permet donc d’exclure ou de confirmer isolément une fracture. Une revue systématique souligne justement la faible spécificité générale de l’examen clinique du scaphoïde. Consulter la revue.

En cas de suspicion :

  • les tests répétés et fortement provocateurs doivent être évités ;
  • le poignet doit être protégé ;
  • une orientation médicale et une imagerie sont indiquées ;
  • une radiographie initiale normale ne suffit pas toujours à exclure la fracture.

Le retard diagnostique peut favoriser une pseudarthrose ou une complication vasculaire.

Examiner une possible fracture du radius distal

Une fracture du radius distal peut être envisagée devant :

  • une chute sur la main ;
  • une douleur intense ;
  • un gonflement ;
  • une déformation ;
  • une ecchymose ;
  • une douleur osseuse distale ;
  • une perte importante de mobilité ;
  • une incapacité à utiliser la main.

L’examen doit également vérifier :

  • la sensibilité des doigts ;
  • la motricité ;
  • la coloration et la température de la main ;
  • le pouls ;
  • l’intégrité cutanée ;
  • la présence d’une compression du nerf médian.

La multiplication des tests ligamentaires n’est pas appropriée tant qu’une fracture reste possible.

Observer le poignet et la main

L’observation recherche :

  • un gonflement ;
  • une ecchymose ;
  • une rougeur ;
  • une déformation ;
  • une cicatrice ;
  • une amyotrophie ;
  • un kyste ;
  • une modification du relief tendineux ;
  • une attitude antalgique ;
  • une asymétrie entre les côtés ;
  • une protection excessive du membre.

Il est également utile d’observer spontanément le patient lorsqu’il :

  • retire son manteau ;
  • ouvre une bouteille ;
  • utilise son téléphone ;
  • saisit un stylo ;
  • porte son sac ;
  • pousse sur l’accoudoir ;
  • tourne une poignée de porte.

Ces situations montrent parfois davantage les stratégies d’évitement que les tests formels.

Mesurer les amplitudes articulaires

Les amplitudes généralement examinées sont :

  • la flexion du poignet ;
  • l’extension ;
  • la déviation radiale ;
  • la déviation ulnaire ;
  • la pronation ;
  • la supination ;
  • la mobilité du pouce ;
  • la mobilité des doigts.

Pour chaque mouvement, il faut relever :

  • l’amplitude ;
  • la douleur ;
  • sa localisation ;
  • la sensation de fin de course ;
  • les compensations ;
  • la présence d’un blocage ;
  • la différence entre les côtés ;
  • la réaction après plusieurs répétitions.

La mesure goniométrique est préférable lorsqu’une limitation doit être suivie dans le temps.

La comparaison bilatérale reste utile, mais une asymétrie n’est pas automatiquement pathologique. La dominance, les antécédents, le sport et les exigences professionnelles doivent être pris en compte.

Comparer les mouvements actifs et passifs

Une limitation active supérieure à la limitation passive peut notamment être associée à :

  • une douleur ;
  • une faiblesse ;
  • une inhibition musculaire ;
  • une atteinte tendineuse ;
  • une atteinte neurologique ;
  • une appréhension.

Une limitation active et passive comparable peut davantage orienter vers :

  • une raideur articulaire ;
  • une séquelle d’immobilisation ;
  • une arthropathie ;
  • une atteinte osseuse ;
  • une forte irritabilité ;
  • une complication postopératoire.

L’analyse de la fin de course et du comportement de la douleur complète la mesure angulaire.

Évaluer la force

La force peut être examinée pour :

  • la flexion du poignet ;
  • l’extension ;
  • les déviations radiale et ulnaire ;
  • la pronation ;
  • la supination ;
  • la flexion et l’extension des doigts ;
  • les mouvements du pouce ;
  • la préhension globale ;
  • les pinces digitales.

Le kinésithérapeute doit distinguer :

  • la douleur pendant la contraction ;
  • la faiblesse réelle ;
  • l’inhibition ;
  • l’appréhension ;
  • une atteinte neurologique ;
  • une limitation liée à un effort insuffisant.

Le testing manuel peut identifier un déficit majeur. La dynamométrie est préférable pour objectiver les différences plus modérées et suivre les progrès.

Mesurer la force de préhension

La force de préhension constitue une mesure fonctionnelle importante.

Le protocole doit préciser :

  • la position du patient ;
  • la position de l’épaule ;
  • l’angle du coude ;
  • la position de l’avant-bras ;
  • la position du poignet ;
  • le réglage du dynamomètre ;
  • le nombre d’essais ;
  • le temps de récupération ;
  • la valeur retenue.

Il est possible de mesurer :

  • la force maximale ;
  • la force tolérée sans douleur ;
  • l’endurance de préhension ;
  • différentes pinces entre le pouce et les doigts.

Une diminution de la force ne confirme pas une lésion particulière. Elle peut résulter de la douleur, de l’appréhension, d’une immobilisation ou d’un déficit neurologique.

Vérifier les origines cervicales et neurologiques

Une douleur du poignet ou de la main peut être influencée par une atteinte nerveuse proximale.

Cette hypothèse devient pertinente en présence de :

  • douleur cervicale ;
  • irradiation dans le membre supérieur ;
  • paresthésies ;
  • engourdissement ;
  • sensation de brûlure ;
  • faiblesse diffuse ;
  • maladresse ;
  • symptômes nocturnes ;
  • douleur peu influencée par les mouvements locaux ;
  • symptômes modifiés par les mouvements cervicaux.

Le bilan peut inclure :

  • les mouvements du rachis cervical ;
  • l’examen des dermatomes ;
  • les myotomes ;
  • les réflexes ;
  • les tests neurodynamiques ;
  • la sensibilité de la main ;
  • la force des muscles intrinsèques ;
  • l’examen du coude et de l’épaule.

Reconnaître une présentation compatible avec un syndrome du canal carpien

Le syndrome du canal carpien correspond à une atteinte du nerf médian au poignet.

La présentation peut associer :

  • fourmillements du pouce, de l’index et du majeur ;
  • symptômes sur la moitié radiale de l’annulaire ;
  • engourdissement nocturne ;
  • besoin de secouer la main ;
  • maladresse ;
  • perte de sensibilité ;
  • diminution de la préhension ;
  • faiblesse ou amyotrophie thénarienne dans les formes avancées.

Le bilan peut comprendre :

  • la cartographie des symptômes ;
  • le test de Phalen ;
  • la percussion du nerf médian ;
  • le test de compression carpienne ;
  • la discrimination entre deux points ;
  • les monofilaments ;
  • la force du pouce ;
  • les tests neurodynamiques ;
  • l’examen cervical.

Les recommandations actualisées du JOSPT préconisent une combinaison de l’histoire clinique, de la distribution des symptômes, de l’examen sensitif et de plusieurs tests plutôt que l’utilisation d’une manœuvre isolée. Consulter les recommandations 2026.

Un déficit moteur progressif, une amyotrophie ou une perte sensitive persistante justifient une orientation médicale.

Évaluer une ténosynovite de De Quervain

Une présentation compatible peut associer :

  • une douleur du bord radial près de la styloïde ;
  • une douleur lors des mouvements du pouce ;
  • une douleur pendant la préhension ;
  • une gêne pour porter un enfant ;
  • une douleur lors de l’ouverture d’un bocal ;
  • une sensibilité du premier compartiment dorsal ;
  • une augmentation récente des sollicitations.

Le bilan peut inclure :

  • l’abduction et l’extension résistées du pouce ;
  • la palpation prudente du premier compartiment ;
  • le test de Finkelstein ;
  • le WHAT test ;
  • des tâches de port et de préhension.

Le véritable test de Finkelstein doit être distingué de la manœuvre d’Eichhoff, durant laquelle le pouce est enfermé dans le poing. Cette dernière peut provoquer davantage de faux positifs et d’inconfort chez les sujets asymptomatiques. Consulter l’étude comparative.

Un test positif signifie que la manœuvre reproduit une douleur compatible. Il ne suffit pas à confirmer seul une ténosynovite.

Examiner une douleur du côté ulnaire

L’évaluation d’une douleur ulnaire doit être particulièrement structurée en raison du nombre de structures proches.

Le bilan recherche :

  • le mécanisme d’apparition ;
  • une chute ou une torsion ;
  • la douleur lors de la pronation et de la supination ;
  • la douleur pendant la déviation ulnaire ;
  • la douleur lors de la préhension ;
  • les symptômes pendant les appuis ;
  • des claquements ;
  • une instabilité ;
  • une sensibilité localisée ;
  • une éventuelle subluxation tendineuse.

Les principales hypothèses comprennent :

  • une atteinte du complexe fibrocartilagineux triangulaire ;
  • une instabilité radio-ulnaire distale ;
  • une atteinte de l’extenseur ulnaire du carpe ;
  • un conflit ulno-carpien ;
  • une atteinte du pisiforme ;
  • une neuropathie ulnaire.

Examiner le complexe fibrocartilagineux triangulaire

Une atteinte du complexe fibrocartilagineux triangulaire peut être envisagée devant :

  • une douleur ulnaire profonde ;
  • une douleur lors d’une rotation chargée ;
  • une douleur en déviation ulnaire ;
  • une douleur lors des appuis ;
  • des claquements ;
  • une sensation d’instabilité ;
  • un traumatisme en rotation ou en extension ;
  • des symptômes pendant les sports de raquette ou la gymnastique.

Le bilan peut inclure :

  • la palpation de la fovéa ulnaire ;
  • le press test ;
  • une mise en charge progressive ;
  • les contraintes ulno-carpiennes ;
  • l’évaluation de l’articulation radio-ulnaire distale ;
  • la pronation et la supination résistées.

Les performances du signe de la fovéa varient fortement selon les études et les populations. Une étude initiale rapportait une bonne précision pour certaines lésions, alors qu’une étude prospective ultérieure retrouvait une spécificité beaucoup plus faible. blank" rel="noopener noreferrer">Consulter l’étude initiale et blank" rel="noopener noreferrer">l’analyse prospective.

Un test positif ne confirme donc pas automatiquement une lésion du complexe fibrocartilagineux triangulaire.

Examiner l’articulation radio-ulnaire distale

Une atteinte de cette articulation peut produire :

  • douleur ulnaire ;
  • douleur pendant la pronation ou la supination ;
  • perte de force rotatoire ;
  • sensation d’instabilité ;
  • claquement ;
  • gêne pour tourner une clé ou ouvrir un récipient.

Le bilan compare :

  • la mobilité entre les côtés ;
  • la stabilité dans différentes positions de rotation ;
  • la douleur ;
  • la qualité de l’arrêt ;
  • la force en pronation et en supination.

La laxité doit être comparée au côté opposé. Une mobilité importante peut être constitutionnelle et asymptomatique.

Examiner les tendons du poignet

L’examen tendineux peut associer :

  • la contraction résistée ;
  • la mise en tension progressive ;
  • la palpation ;
  • l’analyse de tâches reproduisant la charge ;
  • l’évaluation de la force et de l’endurance.

Les tendons principalement examinés dépendent de la localisation :

  • extenseurs radiaux du carpe ;
  • extenseur ulnaire du carpe ;
  • fléchisseur radial du carpe ;
  • fléchisseur ulnaire du carpe ;
  • tendons du premier compartiment dorsal ;
  • tendons fléchisseurs et extenseurs des doigts.

Une douleur à la palpation ou à la contraction ne prouve pas qu’un tendon est l’unique origine des symptômes.

Rechercher une atteinte scapho-lunaire

Une atteinte du ligament scapho-lunaire peut être envisagée devant :

  • une douleur dorsale ou dorso-radiale ;
  • une chute sur la main ;
  • un claquement ;
  • une douleur en extension chargée ;
  • une gêne lors des pompes ;
  • une perte de force ;
  • une sensation d’instabilité.

Le test de Watson ou scaphoid shift test peut être utilisé avec prudence. Une douleur, un ressaut ou une différence entre les côtés doit être replacé dans l’ensemble du tableau clinique.

Les tests ligamentaires du carpe ont des performances variables. Une suspicion persistante après un traumatisme peut justifier une évaluation spécialisée et une imagerie.

Rechercher des symptômes mécaniques

Les symptômes mécaniques comprennent :

  • un blocage ;
  • un accrochage ;
  • un ressaut ;
  • un claquement douloureux ;
  • une perte intermittente d’amplitude ;
  • une sensation d’instabilité.

Ils peuvent être associés à :

  • une lésion ligamentaire ;
  • une instabilité carpienne ;
  • un corps libre ;
  • une atteinte cartilagineuse ;
  • une séquelle de fracture ;
  • une arthrose ;
  • une subluxation tendineuse.

Un craquement indolore isolé n’a pas la même signification qu’un blocage accompagné d’une perte fonctionnelle.

Utiliser la palpation avec prudence

La palpation peut concerner :

  • le radius et l’ulna distaux ;
  • le scaphoïde ;
  • les autres os du carpe ;
  • les interlignes articulaires ;
  • la fovéa ulnaire ;
  • les tendons ;
  • le canal carpien ;
  • le canal de Guyon ;
  • les masses ou kystes.

La sensibilité à la palpation aide à localiser les symptômes, mais ne permet pas toujours d’identifier précisément la structure responsable.

Plusieurs tissus sont proches et peuvent être sensibles simultanément.

Examiner les articulations voisines

Le fonctionnement du poignet dépend de l’ensemble du membre supérieur.

Le bilan peut donc examiner :

  • les doigts ;
  • le pouce ;
  • le coude ;
  • l’épaule ;
  • le rachis cervical ;
  • la mobilité nerveuse ;
  • la chaîne cinétique pendant le geste sportif.

Une restriction de l’avant-bras ou une faiblesse du membre supérieur peut devenir pertinente pour la reprise d’activité, sans être nécessairement la cause initiale de la douleur.

Évaluer les tâches fonctionnelles

Les tâches doivent correspondre aux difficultés du patient :

  • ouvrir un bocal ;
  • tourner une clé ;
  • porter une casserole ;
  • écrire ;
  • utiliser une souris ;
  • essorer un linge ;
  • tenir un téléphone ;
  • porter un enfant ;
  • pousser une porte ;
  • utiliser un tournevis ;
  • s’appuyer sur la main ;
  • se relever d’une chaise ;
  • réaliser une pompe ;
  • soulever une charge.

Pendant la tâche, le kinésithérapeute observe :

  • la douleur ;
  • la charge tolérée ;
  • l’amplitude ;
  • la vitesse ;
  • la prise utilisée ;
  • les compensations ;
  • la confiance ;
  • la fatigabilité ;
  • la réaction après plusieurs répétitions.

Des modifications temporaires peuvent être testées :

  • diminuer la charge ;
  • rapprocher l’objet du corps ;
  • utiliser les deux mains ;
  • modifier la prise ;
  • conserver un poignet plus neutre ;
  • réduire l’amplitude ;
  • ralentir le mouvement ;
  • augmenter les temps de récupération.

Une amélioration immédiate permet d’identifier une stratégie utile. Elle ne prouve pas que le mouvement initial était incorrect ou responsable de la pathologie.

Tester les capacités sportives

Musculation et CrossFit

Le bilan peut progressivement inclure :

  • les pompes ;
  • le développé ;
  • les tractions ;
  • les portés ;
  • les mouvements d’haltérophilie ;
  • les appuis en extension ;
  • les exercices avec haltères ou kettlebells.

Gymnastique

Il faut examiner :

  • les appuis au sol ;
  • la tolérance à l’extension ;
  • les transferts de poids ;
  • la durée des appuis ;
  • les réceptions ;
  • la répétition des gestes.

Sports de raquette

Le bilan peut intégrer :

  • la préhension ;
  • les rotations de l’avant-bras ;
  • les coups droits et revers ;
  • le service ;
  • la vitesse ;
  • le volume de frappe ;
  • la réaction après la séance.

Escalade

Il peut inclure :

  • les différentes prises ;
  • la suspension ;
  • les tractions ;
  • la force des doigts ;
  • l’endurance ;
  • la tolérance en compression ;
  • la réaction le lendemain.

La disparition de la douleur au repos ne suffit pas à autoriser une reprise sportive complète.

Utiliser des questionnaires validés

Le suivi peut intégrer :

  • le Patient-Rated Wrist Evaluation ;
  • le Patient-Rated Wrist and Hand Evaluation ;
  • le QuickDASH ;
  • le DASH ;
  • le Patient-Specific Functional Scale ;
  • le Boston Carpal Tunnel Questionnaire en cas de canal carpien.

Le PRWE évalue la douleur et les limitations fonctionnelles liées au poignet. Une revue systématique avec méta-analyse confirme ses bonnes qualités de fiabilité et de validité. Consulter la revue.

Il est préférable de conserver le même questionnaire au fil des réévaluations.

Prendre en compte les facteurs psychosociaux

Le bilan peut explorer :

  • la peur d’utiliser la main ;
  • la crainte d’une fragilité permanente ;
  • les inquiétudes professionnelles ;
  • les croyances liées à l’imagerie ;
  • l’appréhension des appuis ;
  • les expériences thérapeutiques antérieures ;
  • le sommeil ;
  • le stress ;
  • l’humeur ;
  • les attentes ;
  • la confiance dans la reprise ;
  • les possibilités d’adaptation du travail.

Une douleur persistante ne signifie pas automatiquement que le poignet continue à se détériorer. Cette explication ne doit cependant pas conduire à banaliser une possible atteinte traumatique ou neurologique.

L’imagerie est-elle nécessaire ?

L’imagerie peut être indiquée en présence de :

  • traumatisme important ;
  • suspicion de fracture ;
  • douleur persistante du scaphoïde ;
  • déformation ;
  • blocage ;
  • instabilité traumatique ;
  • perte brutale de force ;
  • déficit neurologique ;
  • masse ;
  • symptômes atypiques ;
  • absence d’amélioration ;
  • situation dans laquelle le résultat modifierait la prise en charge.

Après un traumatisme aigu, la radiographie constitue généralement l’examen initial. Lorsque les radiographies sont normales mais qu’une fracture reste suspectée, une immobilisation, de nouvelles radiographies ou une imagerie complémentaire peuvent être indiquées selon le contexte. Consulter les critères de l’American College of Radiology.

Pour une douleur chronique, la radiographie est également fréquemment utilisée en première intention, puis l’échographie, l’IRM ou le scanner sont sélectionnés selon l’hypothèse. Consulter les recommandations pour les douleurs chroniques.

Une anomalie visible à l’imagerie doit toujours être confrontée aux symptômes et à la fonction.

Choisir des indicateurs reproductibles

Le bilan initial peut associer :

  • l’intensité de la douleur ;
  • une ou plusieurs activités choisies par le patient ;
  • la flexion et l’extension ;
  • les déviations ;
  • la pronation et la supination ;
  • la force maximale de préhension ;
  • la préhension sans douleur ;
  • une pince digitale ;
  • une tâche de port ;
  • une tâche d’appui ;
  • un questionnaire ;
  • la capacité professionnelle ;
  • la participation sportive ;
  • la confiance.

Une amélioration peut correspondre à :

  • une douleur moins importante ;
  • une douleur apparaissant plus tard ;
  • une augmentation de l’amplitude ;
  • une meilleure force de préhension ;
  • une charge supérieure ;
  • davantage de répétitions ;
  • une meilleure tolérance le lendemain ;
  • une reprise du travail ou du sport ;
  • une diminution de l’appréhension.

Transformer le bilan en programme de traitement

Selon la situation, le programme peut comprendre :

  • une explication claire ;
  • une protection temporaire après un traumatisme ;
  • une adaptation des contraintes ;
  • une récupération progressive des amplitudes ;
  • un renforcement des fléchisseurs et extenseurs ;
  • un travail de pronation et de supination ;
  • un entraînement de la préhension ;
  • un travail du pouce et des doigts ;
  • des exercices neurodynamiques lorsqu’ils sont indiqués ;
  • une exposition progressive aux appuis ;
  • une reprise graduelle des gestes professionnels ;
  • une progression vers les exigences sportives ;
  • un suivi de la réaction dans les 24 heures.

Le traitement doit cibler les déficits observés plutôt qu’un diagnostic supposé uniquement à partir de la localisation.

Peut-on renforcer un poignet douloureux ?

Dans de nombreuses situations non traumatiques, une douleur légère pendant l’exercice ne signifie pas automatiquement que le poignet subit une nouvelle lésion.

Il faut surveiller :

  • l’intensité de la douleur ;
  • son évolution pendant l’exercice ;
  • la qualité du mouvement ;
  • la réaction immédiatement après ;
  • les symptômes dans les heures suivantes ;
  • la tolérance le lendemain ;
  • la progression de la charge ;
  • la confiance du patient.

En cas de réaction excessive, il est possible de modifier :

  • la résistance ;
  • l’amplitude ;
  • la position du poignet ;
  • le type de prise ;
  • le nombre de répétitions ;
  • la durée des appuis ;
  • la vitesse ;
  • la fréquence ;
  • le temps de récupération.

En revanche, un renforcement non protégé ne doit pas être commencé tant qu’une fracture, une luxation ou une lésion instable reste suspectée.

Exemple de bilan kiné du poignet

Une patiente de 34 ans consulte pour une douleur radiale du poignet droit apparue progressivement depuis qu’elle porte régulièrement son enfant et utilise davantage son téléphone.

Elle ne rapporte aucune chute, aucun gonflement important, aucune paresthésie et aucune douleur cervicale.

Les amplitudes sont complètes, mais la déviation ulnaire associée à un mouvement du pouce reproduit les symptômes. L’abduction résistée du pouce est douloureuse. La palpation du premier compartiment dorsal est sensible et le test de Finkelstein reproduit une douleur localisée.

La force maximale de préhension est légèrement réduite. Porter l’enfant avec le poignet en déviation provoque la douleur, tandis qu’un port avec les deux mains et un poignet plus neutre améliore immédiatement la tolérance.

L’ensemble est compatible avec une douleur radiale présentant notamment :

  • une augmentation récente des contraintes ;
  • une douleur lors des mouvements du pouce ;
  • une douleur à la préhension ;
  • une sensibilité du premier compartiment dorsal ;
  • une capacité insuffisante pour les portages répétés.

Le programme initial peut comprendre :

  • une adaptation temporaire des portages ;
  • une répartition des charges entre les deux mains ;
  • un renforcement progressif du pouce et du poignet ;
  • un travail de préhension ;
  • une exposition graduelle aux activités douloureuses ;
  • un suivi de la réaction sur 24 heures.

Les amplitudes, la force et la tâche de port sont ensuite réévaluées dans les mêmes conditions.

Les erreurs fréquentes lors du bilan du poignet

Poser un diagnostic selon la localisation

Une douleur radiale n’est pas automatiquement une ténosynovite de De Quervain et une douleur ulnaire n’est pas nécessairement une lésion du complexe fibrocartilagineux triangulaire.

Négliger une fracture occulte

Une fracture du scaphoïde peut être peu spectaculaire et ne pas apparaître immédiatement sur les radiographies.

Dépendre d’un seul test

Un Finkelstein, un Phalen, un test de Watson ou un signe de la fovéa positif ne suffit pas à établir un diagnostic.

Confondre Finkelstein et Eichhoff

Ces manœuvres ne sont pas identiques. La manœuvre d’Eichhoff peut être plus douloureuse et produire davantage de faux positifs.

Tester agressivement un traumatisme récent

La priorité est d’exclure une fracture ou une instabilité, pas de multiplier les provocations.

Négliger la pronation et la supination

Ces mouvements sont essentiels pour de nombreuses tâches quotidiennes et peuvent révéler une atteinte radio-ulnaire.

Oublier la préhension

La force maximale et la force sans douleur constituent des mesures simples et utiles.

Surinterpréter la palpation

Une zone sensible n’identifie pas nécessairement le tissu responsable.

Oublier le rachis cervical et les nerfs

Des symptômes ressentis au poignet ou dans la main peuvent avoir une composante neurologique proximale.

Réévaluer uniquement la douleur

La mobilité, la force, la fonction, la charge tolérée et la confiance doivent également être suivies.

Reprendre trop rapidement les appuis

L’absence de douleur dans la vie quotidienne ne garantit pas la tolérance aux pompes, à la gymnastique ou au CrossFit.

Ce qu’il faut retenir

Un bilan kiné pour une douleur au poignet ne repose pas sur un test miracle.

Les éléments essentiels sont les suivants :

  • commencer par l’histoire, le mécanisme et les objectifs ;
  • localiser précisément la douleur ;
  • distinguer les présentations traumatiques et progressives ;
  • rechercher une fracture ou une luxation ;
  • rester vigilant devant une douleur du scaphoïde ;
  • vérifier l’état neurologique et vasculaire ;
  • mesurer les amplitudes du poignet et de l’avant-bras ;
  • différencier douleur, faiblesse et inhibition ;
  • mesurer la préhension de façon reproductible ;
  • sélectionner les tests selon les hypothèses ;
  • interpréter les tests spéciaux avec prudence ;
  • évaluer les activités réellement limitées ;
  • rapprocher progressivement le bilan des exigences professionnelles ou sportives ;
  • utiliser l’imagerie lorsqu’elle peut modifier la prise en charge ;
  • intégrer les croyances, la confiance et la récupération ;
  • répéter régulièrement les principaux indicateurs.

Cette démarche permet de transformer le bilan en un programme individualisé, centré sur les capacités que le patient doit retrouver.

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Ressources associées

  • Erickson M, et al. Hand Pain and Sensory Deficits: Carpal Tunnel Syndrome – Clinical Practice Guidelines, JOSPT, 2026. Consulter les recommandations.
  • American College of Radiology. ACR Appropriateness Criteria: Acute Hand and Wrist Trauma. Consulter les recommandations.
  • American College of Radiology. ACR Appropriateness Criteria: Chronic Hand and Wrist Pain. Consulter les recommandations.
  • Mallee WH, et al. Clinical diagnostic evaluation for scaphoid fractures: a systematic review and meta-analysis. Journal of Hand Surgery, 2014. Consulter l’étude.
  • Bäcker HC, et al. Systematic Review of Diagnosis of Clinically Suspected Scaphoid Fractures. Journal of Wrist Surgery, 2020. Consulter la revue.
  • Wu F, et al. Finkelstein’s Test Is Superior to Eichhoff’s Test in the Investigation of de Quervain’s Disease. Journal of Hand and Microsurgery, 2018. Consulter l’étude.
  • Goubau JF, et al. The Wrist Hyperflexion and Abduction of the Thumb Test: a more specific and sensitive test to diagnose de Quervain tenosynovitis. Journal of Hand Surgery, 2014. Consulter l’étude.
  • Tay SC, et al. The “ulnar fovea sign” for defining ulnar wrist pain. Journal of Hand Surgery, 2007. Consulter l’étude.
  • Yang OO, et al. Ulnar-sided wrist pain: a prospective analysis of diagnostic clinical tests. ANZ Journal of Surgery, 2021. Consulter l’étude.
  • Shafiee E, et al. A systematic review and meta-analysis of Patient-Rated Wrist Evaluation measurement properties. Clinical Rehabilitation, 2022. Consulter la revue.

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