Nouvelle nomenclature des actes de kinésithérapie : ce qu’il faut retenir
La nouvelle nomenclature des actes de kinésithérapie a profondément modifié la manière de décrire les soins facturés à l’Assurance Maladie.
La nouvelle nomenclature des actes de kinésithérapie a profondément modifié la manière de décrire les soins facturés à l’Assurance Maladie. En 2026, elle ne constitue plus une nouveauté théorique : elle doit être correctement intégrée dans les logiciels, les bilans et la facturation quotidienne.
Son objectif principal est de remplacer une partie des cotations trop générales par des actes plus précis, reliés à la situation réellement prise en charge.
Pourquoi la nomenclature a-t-elle changé ?
L’ancienne organisation reposait largement sur quelques lettres-clés et coefficients, notamment les cotations en AMS pour les affections orthopédiques et rhumatologiques.
Cette logique décrivait imparfaitement la diversité des prises en charge. Deux séances très différentes pouvaient apparaître sous une cotation proche.
L’avenant 7 à la convention nationale a donc instauré une nomenclature plus descriptive afin de :
- mieux représenter l’activité des kinésithérapeutes ;
- préciser les régions ou situations traitées ;
- améliorer la lisibilité des actes ;
- préparer des revalorisations plus ciblées ;
- limiter les ambiguïtés de facturation.
Combien d’actes comprend-elle ?
L’Assurance Maladie indique que la nomenclature permet de décrire la pratique à travers 80 actes différents.
À chaque acte correspond une association entre :
- une lettre-clé ;
- un coefficient ;
- un libellé précis ;
- des règles de facturation.
Le bon réflexe n’est donc pas de mémoriser uniquement un coefficient, mais de vérifier que le libellé clinique correspond à la situation du patient.
La liste officielle est disponible sur la page de l’Assurance Maladie consacrée à la nomenclature.
Que devient la lettre-clé AMK ?
La lettre-clé AMK n’a pas disparu.
Elle reste notamment utilisée pour :
- certains actes de bilan, dont les bilans-diagnostics kinésithérapiques ;
- les suppléments de kinébalnéothérapie ;
- certains actes prévus par la NGAP.
En revanche, de nouveaux codes plus descriptifs sont utilisés pour de nombreux actes de rééducation et de réadaptation fonctionnelles.
Les règles de facturation ont-elles toutes changé ?
Non. La création de nouveaux codes ne signifie pas que toutes les règles ont été réécrites.
L’Assurance Maladie rappelle notamment que :
- la rééducation d’un membre et de sa racine comprend l’éventuelle rééducation des ceintures ;
- la rééducation du rachis ne peut pas être automatiquement associée à celle d’un membre lorsqu’une radiculalgie n’entraîne pas de déficit moteur ;
- les règles de cumul, d’association et de prescription continuent de s’appliquer.
Le diagnostic du patient ne suffit pas toujours à choisir la cotation. Il faut considérer l’objet réel de la rééducation, les territoires concernés et les règles de la NGAP.
Quelle place pour le bilan-diagnostic kinésithérapique ?
Le BDK reste essentiel. Il doit refléter les examens cliniques successifs et permettre de justifier :
- les déficiences identifiées ;
- les limitations fonctionnelles ;
- les objectifs ;
- le choix des actes et techniques ;
- l’évolution ;
- la poursuite ou l’adaptation des soins.
Une cotation précise ne remplace pas un bilan précis. Au contraire, la nouvelle nomenclature renforce l’intérêt d’une cohérence entre prescription, BDK, traitement réalisé et facturation.
Pour approfondir cette démarche, consultez notre guide sur le bilan kiné d’une douleur au genou.
Comment choisir la bonne cotation ?
Une méthode pratique consiste à vérifier successivement :
- la prescription ou le cadre d’accès direct ;
- la pathologie ou le motif ;
- le ou les territoires réellement concernés ;
- l’existence d’une chirurgie ;
- le caractère neurologique, respiratoire, orthopédique ou autre de la prise en charge ;
- le degré de dépendance ou la situation particulière prévue par la NGAP ;
- les possibilités ou interdictions de cumul ;
- le coefficient en vigueur à la date des soins.
En cas de doute, il faut consulter la NGAP actualisée, les fiches Ameli et, si nécessaire, interroger la caisse.
Quelles erreurs sont les plus fréquentes ?
Réutiliser automatiquement une ancienne cotation
Une habitude acquise avec l’AMS ne garantit pas que le nouveau code choisi soit correct.
Se fier uniquement au diagnostic
Deux patients présentant le même diagnostic peuvent nécessiter des actes différents selon les territoires, la chirurgie ou les limitations.
Confondre code et tarif
Le montant dépend de la lettre-clé, du coefficient, du territoire d’exercice et des éventuelles indemnités.
Oublier la date d’effet
Une revalorisation ne s’applique qu’à partir de sa date d’entrée en vigueur.
Négliger le paramétrage du logiciel
Un logiciel non actualisé peut proposer un ancien coefficient ou un code inadapté.
Cumuler des actes sans vérifier les règles
La proximité de plusieurs symptômes ne rend pas automatiquement deux actes cumulables.
Comment sécuriser la facturation au cabinet ?
Le cabinet peut mettre en place :
- une mise à jour régulière du logiciel métier ;
- une fiche synthétique des codes les plus utilisés ;
- un lien direct vers la NGAP à jour ;
- un contrôle entre prescription, BDK et acte facturé ;
- une vérification des rejets de télétransmission ;
- une veille sur les avenants conventionnels ;
- une procédure interne pour les situations complexes.
Il est préférable de dater chaque fiche interne. Une grille exacte en 2025 peut devenir incomplète en 2026.
La nomenclature améliore-t-elle la rémunération ?
La nomenclature et la revalorisation sont liées, mais ne sont pas identiques.
La nomenclature décrit les actes. Les avenants conventionnels déterminent les coefficients, la valeur des lettres-clés et le calendrier des hausses.
En 2026, certaines cotations ont été revalorisées par l’avenant 8. Pour comprendre les montants concernés, consultez notre article sur la revalorisation des actes de kinésithérapie en 2026.
Ce qu’il faut retenir
- la nomenclature comprend 80 actes plus descriptifs ;
- l’ancienne logique centrée sur l’AMS a été largement remplacée ;
- l’AMK reste utilisée pour plusieurs actes, notamment certains bilans ;
- toutes les règles de facturation n’ont pas changé ;
- le choix du code doit correspondre à la prise en charge réelle ;
- le BDK doit justifier les objectifs et les actes ;
- la NGAP et les tarifs doivent être consultés dans leur version actualisée.
Ressources associées
- Assurance Maladie : la nomenclature des actes de kinésithérapie.
- Assurance Maladie : nomenclature générale des actes professionnels.
- Assurance Maladie : le bilan-diagnostic kinésithérapique.
- Avenant 7 à la convention nationale des masseurs-kinésithérapeutes.
Continuez avec BIOPSYCHOSOCIAL
Formations cliniques, bibliothèque d'exercices et communauté pour kinésithérapeutes qui veulent progresser.