Dépistage des problèmes de dos à l’école : quel rôle pour les kinés ?

Le dépistage des troubles du rachis à l’école prend une nouvelle dimension à la rentrée 2026.

Publié le 28 juillet 2026Mis à jour le 10 septembre 2026 6 min de lecture

Le dépistage des troubles du rachis à l’école prend une nouvelle dimension à la rentrée 2026. Après plusieurs années d’expérimentation, l’Assurance Maladie et l’Éducation nationale étendent leurs actions de repérage, avec des kinésithérapeutes libéraux directement mobilisés dans certaines écoles pilotes.

L’objectif n’est pas de poser un diagnostic définitif dans une salle de classe, mais de repérer tôt les enfants qui nécessitent un examen plus approfondi.

Que prévoit le dispositif en 2026-2027 ?

Depuis 2021, l’Assurance Maladie et l’Éducation nationale organisent des actions portant sur :

  • les troubles visuels ;
  • les troubles du langage et de la communication ;
  • les troubles du rachis.

À partir de septembre 2026, l’ensemble de ces actions sera présent dans 70 départements, selon des modalités et des écoles pilotes variables. Pour le rachis, la campagne 2026-2027 cible des écoles situées dans 12 départements.

Le dispositif complète les actions de la protection maternelle et infantile et les examens obligatoires de l’enfant.

Quels enfants sont concernés par le dépistage du rachis ?

Le repérage des troubles du dos concerne des enfants :

  • scolarisés en CM1 ;
  • âgés de 9 à 10 ans ;
  • présents dans les écoles pilotes sélectionnées ;
  • disposant d’une autorisation parentale.

Cet âge permet de repérer certaines déformations rachidiennes avant ou au début de la période de croissance pubertaire.

Dans quels départements le dépistage est-il proposé ?

Pour l’année scolaire 2026-2027, les écoles pilotes concernées par le dépistage du rachis se situent dans :

  • Allier ;
  • Bas-Rhin ;
  • Bouches-du-Rhône ;
  • Cher ;
  • Drôme ;
  • Eure-et-Loir ;
  • Haute-Garonne ;
  • Hauts-de-Seine ;
  • Ille-et-Vilaine ;
  • Nièvre ;
  • Paris ;
  • Vendée.

Il ne s’agit pas d’un dépistage automatique de tous les élèves de ces départements. Seules certaines écoles participent.

Combien d’enfants ont déjà été dépistés ?

Selon l’Assurance Maladie, près de 22 000 enfants ont bénéficié d’un dépistage des troubles du rachis pendant l’année scolaire 2025-2026.

Ce volume montre que le dispositif dépasse désormais le stade d’une expérimentation très locale, même s’il reste ciblé.

Les chiffres et la liste des territoires figurent dans le point officiel publié par l’Assurance Maladie pour l’année scolaire 2026-2027.

Quel est le rôle du kinésithérapeute à l’école ?

Le kinésithérapeute intervient comme professionnel formé au repérage. Son rôle peut comprendre :

  • expliquer le déroulement à l’enfant ;
  • observer la posture globale ;
  • rechercher une asymétrie du tronc ;
  • réaliser les tests prévus par le protocole ;
  • consigner les résultats ;
  • identifier une situation justifiant un contrôle ;
  • transmettre un résultat compréhensible à la famille ;
  • respecter la confidentialité.

Il doit suivre le protocole fourni, utiliser les équipements prévus et rester dans le périmètre du dépistage.

Dépistage, diagnostic et traitement : quelles différences ?

Le dépistage cherche à identifier, dans une population apparemment asymptomatique, les enfants susceptibles de présenter un trouble.

Il ne confirme pas à lui seul :

  • une scoliose structurelle ;
  • sa gravité ;
  • son caractère évolutif ;
  • la nécessité d’un traitement ;
  • l’indication d’une imagerie.

Lorsqu’un trouble est repéré, la famille est invitée à consulter le médecin qui suit l’enfant ou le professionnel mentionné dans le courrier. Un examen plus complet permet ensuite de confirmer ou non l’anomalie et d’organiser l’orientation.

Le dépistage est-il pris en charge ?

Oui. Dans le cadre de cette campagne :

  • il est pris en charge à 100 % ;
  • les familles n’avancent pas les frais ;
  • il est réalisé pendant le temps scolaire ;
  • les équipements sont fournis ;
  • l’autorisation parentale est indispensable.

L’Assurance Maladie assure aussi un suivi des enfants chez lesquels un trouble a été repéré et peut relancer les familles afin de favoriser l’entrée dans un parcours de soins.

Quels signes peuvent être recherchés ?

Selon le protocole, l’examen peut s’intéresser à :

  • l’alignement du rachis ;
  • la hauteur des épaules ;
  • la symétrie des omoplates ;
  • le triangle de taille ;
  • la position du bassin ;
  • une gibbosité lors de la flexion antérieure ;
  • une asymétrie de rotation du tronc.

Un signe isolé ne suffit pas à annoncer une scoliose. Il doit conduire, lorsqu’il dépasse le seuil prévu, à un examen clinique approfondi.

Le cartable ou la posture sont-ils les principales causes ?

Les messages simplistes doivent être évités.

Une scoliose idiopathique n’est pas expliquée par un cartable lourd ou une « mauvaise posture ». De même, un enfant assis de façon relâchée ne présente pas nécessairement une maladie du rachis.

La prévention peut promouvoir :

  • une activité physique régulière ;
  • des pauses et des changements de position ;
  • un cartable adapté et raisonnablement chargé ;
  • le signalement d’une douleur persistante ;
  • une information non anxiogène.

Pour mieux comprendre les liens entre symptômes et examen, consultez notre article sur le bilan kiné d’une douleur au dos.

Que se passe-t-il si une anomalie est repérée ?

Le parcours doit rester clair :

  1. le kinésithérapeute réalise le repérage ;
  2. la famille reçoit un courrier de résultat ;
  3. un examen plus approfondi est proposé ;
  4. le professionnel confirme ou non le trouble ;
  5. une orientation ou des soins sont organisés si nécessaire ;
  6. l’Assurance Maladie peut suivre l’entrée dans le parcours.

La communication est essentielle. Parler trop tôt de déformation grave peut créer une inquiétude inutile.

Quelles compétences sont nécessaires ?

Le professionnel mobilisé doit maîtriser :

  • l’anatomie et le développement du rachis de l’enfant ;
  • les principes du dépistage ;
  • la réalisation reproductible des tests ;
  • les seuils d’orientation ;
  • la communication avec l’enfant ;
  • le consentement parental ;
  • la protection des données ;
  • la coordination avec les acteurs scolaires et médicaux.

Quelles limites faut-il connaître ?

Un programme de dépistage peut produire :

  • des faux positifs ;
  • des faux négatifs ;
  • une anxiété familiale ;
  • des consultations ou examens supplémentaires ;
  • des différences entre examinateurs.

La formation, la standardisation du protocole et le suivi des enfants sont donc aussi importants que le nombre de dépistages réalisés.

Ce qu’il faut retenir

  • le dépistage du rachis cible les élèves de CM1 âgés de 9 à 10 ans ;
  • près de 22 000 enfants ont été dépistés en 2025-2026 ;
  • 12 départements accueillent des écoles pilotes pour le rachis en 2026-2027 ;
  • le kinésithérapeute réalise un repérage, pas un diagnostic définitif ;
  • le dispositif est pris en charge à 100 % sans avance de frais ;
  • l’accord parental est nécessaire ;
  • un résultat positif doit conduire à un examen plus approfondi ;
  • l’information doit rester précise et non anxiogène.

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