Comment réaliser un bilan kiné pour une douleur à la hanche ?

La douleur à la hanche peut apparaître après une chute, un choc, une torsion, une augmentation de l’activité sportive ou une période d’inactivité.

Publié le 28 juillet 2026Mis à jour le 9 septembre 2026 25 min de lecture

La douleur à la hanche peut apparaître après une chute, un choc, une torsion, une augmentation de l’activité sportive ou une période d’inactivité. Elle peut également s’installer progressivement, notamment lors de la marche, de la course, des changements de direction ou des positions assises prolongées.

La douleur peut être ressentie :

  • dans l’aine ;
  • sur le côté de la hanche ;
  • au niveau de la fesse ;
  • sur la face antérieure de la cuisse ;
  • jusqu’au genou.

Cette localisation ne permet pas, à elle seule, d’identifier la structure responsable. Les symptômes peuvent provenir de l’articulation coxo-fémorale, des muscles, des tendons, des bourses, du rachis lombaire, de l’articulation sacro-iliaque ou d’un autre problème médical.

Un bilan kiné de la hanche complet associe :

  • un entretien clinique précis ;
  • la recherche de signes d’alerte ;
  • l’analyse du mécanisme et des contraintes ;
  • l’observation de la marche ;
  • la mesure des amplitudes ;
  • l’évaluation de la force ;
  • des tests cliniques sélectionnés selon les hypothèses ;
  • l’examen du rachis lombaire et des régions voisines ;
  • l’analyse des activités fonctionnelles ;
  • des tests sportifs lorsque cela est pertinent ;
  • des mesures reproductibles pour suivre l’évolution.

Quels sont les objectifs du bilan de la hanche ?

Le bilan doit permettre de répondre à plusieurs questions :

  • la douleur est-elle apparue brutalement ou progressivement ?
  • existe-t-il un traumatisme récent ?
  • la douleur semble-t-elle provenir de l’articulation de la hanche ?
  • une fracture ou une lésion importante doit-elle être exclue ?
  • les symptômes peuvent-ils provenir du rachis lombaire ?
  • existe-t-il une limitation de mobilité ?
  • certains muscles présentent-ils un déficit de force ?
  • quelles contraintes déclenchent les symptômes ?
  • quelles activités sont devenues difficiles ?
  • quelles capacités le patient doit-il retrouver ?
  • une imagerie ou un avis médical est-il nécessaire ?
  • quels indicateurs permettront de suivre les progrès ?

L’objectif n’est pas d’attribuer immédiatement la douleur à une structure précise. Le kinésithérapeute cherche d’abord à comprendre la présentation clinique, à exclure les situations nécessitant une orientation et à identifier les déficits modifiables.

Commencer par un entretien clinique précis

Le kinésithérapeute recherche notamment :

  • la date d’apparition des symptômes ;
  • leur caractère brutal ou progressif ;
  • l’existence d’un traumatisme ;
  • la localisation exacte de la douleur ;
  • son intensité ;
  • sa profondeur ;
  • son irradiation éventuelle ;
  • son comportement au cours de la journée ;
  • sa réaction à la marche ;
  • sa réaction aux escaliers ;
  • sa réaction aux positions assises prolongées ;
  • sa réaction au sommeil ;
  • la présence d’une raideur matinale ;
  • une sensation de blocage ;
  • un ressaut ;
  • un claquement ;
  • une impression d’instabilité ;
  • une perte de force ;
  • des fourmillements ou un engourdissement ;
  • les antécédents médicaux, chirurgicaux et traumatiques ;
  • les traitements déjà essayés ;
  • les examens d’imagerie disponibles ;
  • les attentes et les objectifs du patient.

Il faut aussi identifier les activités modifiées récemment :

  • augmentation du nombre de pas ;
  • reprise de la course ;
  • augmentation du kilométrage ;
  • ajout de séances en côte ;
  • changement de chaussures ;
  • augmentation de la musculation ;
  • reprise du football ou d’un sport de pivot ;
  • déménagement ou manutention ;
  • travail prolongé en position debout ;
  • augmentation des escaliers ;
  • réduction du sommeil ;
  • diminution de la récupération ;
  • immobilisation récente.

Une augmentation rapide des contraintes peut contribuer aux symptômes, mais ne suffit pas à déterminer le diagnostic.

Préciser la localisation de la douleur

Douleur antérieure ou dans l’aine

Une douleur profonde dans l’aine peut être compatible avec une origine articulaire, sans être spécifique.

Elle peut apparaître lors :

  • de la flexion profonde ;
  • de la position assise prolongée ;
  • de l’entrée ou de la sortie d’une voiture ;
  • de la mise en place des chaussures ;
  • des pivots ;
  • des changements de direction ;
  • de la course ;
  • des squats profonds.

Les adducteurs, l’iliopsoas et les structures abdominales peuvent également produire des symptômes dans cette région.

Douleur latérale

Une douleur sur le côté de la hanche peut être compatible avec un syndrome douloureux du grand trochanter.

Elle peut être aggravée par :

  • le décubitus sur le côté douloureux ;
  • la marche prolongée ;
  • les escaliers ;
  • la station debout sur une jambe ;
  • la course ;
  • les positions avec les jambes croisées ;
  • certaines contraintes en adduction.

Cette présentation peut notamment impliquer les tendons des muscles glutéaux. Le terme « bursite » ne doit pas être utilisé automatiquement.

Douleur postérieure ou fessière

Une douleur fessière peut provenir :

  • du rachis lombaire ;
  • de l’articulation sacro-iliaque ;
  • des muscles fessiers ;
  • des ischio-jambiers proximaux ;
  • de structures neurologiques ;
  • plus rarement, de l’articulation de la hanche elle-même.

La localisation postérieure impose donc d’élargir l’examen.

Douleur irradiant vers le genou

Certaines douleurs de hanche peuvent être ressenties sur la face antérieure de la cuisse ou au niveau du genou.

Chez une personne présentant une douleur du genou sans explication locale suffisante, l’examen de la hanche peut être pertinent.

Analyser un traumatisme récent

Après une chute, un choc ou une torsion, il faut préciser :

  • la direction de la chute ;
  • le point d’impact ;
  • la position de la jambe ;
  • la possibilité de se relever ;
  • la capacité à marcher immédiatement ;
  • l’apparition d’un craquement ;
  • la présence d’une déformation ;
  • l’apparition rapide d’un gonflement ;
  • la possibilité de prendre appui ;
  • l’évolution depuis le traumatisme ;
  • l’existence d’une fragilité osseuse.

Une incapacité à prendre appui après une chute, particulièrement chez une personne âgée, doit faire envisager une fracture jusqu’à preuve du contraire.

Rechercher les signes nécessitant une orientation médicale

Une orientation médicale rapide ou urgente peut être nécessaire devant :

  • une incapacité à prendre appui après un traumatisme ;
  • une déformation ou un raccourcissement apparent du membre ;
  • une douleur intense après une chute ;
  • une suspicion de fracture ;
  • une aggravation rapide ;
  • une douleur nocturne inhabituelle et non influencée par les positions ;
  • une fièvre ;
  • une articulation chaude et très douloureuse ;
  • un état général altéré ;
  • une douleur associée à une infection récente ;
  • une douleur après une chirurgie ou une prothèse avec signes infectieux ;
  • une masse ;
  • un antécédent de cancer associé à une douleur inexpliquée ;
  • une perte de poids involontaire ;
  • une douleur abdominale, pelvienne ou inguinale atypique ;
  • une douleur associée à des troubles urinaires ou gynécologiques ;
  • des signes neurologiques progressifs ;
  • une douleur chez un enfant accompagnée d’une boiterie ou d’une incapacité d’appui ;
  • une suspicion de fracture de fatigue ;
  • une douleur disproportionnée chez une personne traitée par corticoïdes ;
  • une suspicion d’ostéonécrose.

Une radiographie normale ne suffit pas toujours à exclure une fracture occulte. Si la suspicion reste importante, une réévaluation médicale et une imagerie complémentaire peuvent être nécessaires. Les critères de l’American College of Radiology recommandent généralement la radiographie comme premier examen après un traumatisme aigu, puis une IRM ou un scanner lorsque les radiographies sont négatives ou équivoques malgré une suspicion persistante. Consulter les recommandations sur la douleur aiguë de hanche.

Rechercher une fracture de fatigue

Une fracture de fatigue du col fémoral doit notamment être considérée chez un sportif présentant :

  • une douleur progressive dans l’aine ;
  • une augmentation récente du volume d’entraînement ;
  • une douleur à la course puis à la marche ;
  • une douleur lors des sauts ;
  • une diminution des performances ;
  • une douleur nocturne ;
  • une douleur à la mise en charge ;
  • une restriction alimentaire ou un déficit énergétique ;
  • des troubles menstruels ;
  • une faible densité osseuse ;
  • un antécédent de fracture de fatigue.

En cas de suspicion, les tests répétés en charge doivent être interrompus et une orientation médicale rapide est nécessaire.

Observer la posture et la marche

L’observation peut concerner :

  • la vitesse de marche ;
  • la longueur des pas ;
  • le temps d’appui ;
  • la largeur du pas ;
  • la rotation du pied ;
  • le mouvement du bassin ;
  • l’inclinaison du tronc ;
  • la capacité à charger le membre douloureux ;
  • l’utilisation d’une aide technique ;
  • la présence d’une boiterie.

Une réduction du temps d’appui sur le côté douloureux peut traduire une stratégie antalgique.

Une inclinaison du tronc vers le côté d’appui peut diminuer momentanément la demande exercée sur les muscles abducteurs. Cette observation ne permet toutefois pas, à elle seule, d’identifier la cause de la douleur.

Réaliser l’appui unipodal

Le patient se tient sur une jambe dans des conditions sécurisées.

Le kinésithérapeute observe :

  • la douleur ;
  • le maintien du bassin ;
  • les mouvements du tronc ;
  • la stabilité ;
  • la durée tolérée ;
  • la confiance ;
  • les compensations ;
  • la comparaison entre les côtés.

Un contrôle pelvien modifié peut être associé à de nombreux facteurs : douleur, faiblesse, équilibre, stratégie motrice ou appréhension. Il ne doit pas être interprété comme la preuve d’un muscle « désactivé ».

Mesurer les amplitudes de la hanche

Les principaux mouvements examinés sont :

  • la flexion ;
  • l’extension ;
  • l’abduction ;
  • l’adduction ;
  • la rotation interne ;
  • la rotation externe.

Pour chaque mouvement, il faut relever :

  • l’amplitude active ;
  • l’amplitude passive ;
  • la douleur ;
  • la localisation des symptômes ;
  • la sensation de fin de course ;
  • les compensations du bassin ;
  • la différence entre les côtés ;
  • la réaction après l’examen.

La position de mesure doit être standardisée afin de rendre les réévaluations comparables.

Interpréter une limitation de mobilité

Une limitation douloureuse de la flexion et de la rotation interne peut être retrouvée dans différentes présentations articulaires, notamment l’arthrose ou certaines douleurs non arthrosiques de hanche.

Elle ne confirme cependant pas un diagnostic isolément.

Une restriction peut être liée à :

  • la douleur ;
  • une raideur articulaire ;
  • une morphologie osseuse ;
  • une appréhension ;
  • une protection musculaire ;
  • une forte irritabilité ;
  • une immobilisation ;
  • une arthrose ;
  • une variation anatomique normale.

Les recommandations cliniques sur l’arthrose de hanche accordent une place importante à la douleur, à la restriction de mobilité, à la force et aux limitations fonctionnelles, plutôt qu’à un test unique. Consulter les recommandations JOSPT 2025.

Comparer les mouvements actifs et passifs

Une amplitude active plus limitée que l’amplitude passive peut faire considérer :

  • une douleur ;
  • une faiblesse ;
  • une inhibition ;
  • une atteinte musculaire ou tendineuse ;
  • une appréhension ;
  • une difficulté de contrôle moteur.

Une limitation active et passive comparable peut davantage évoquer :

  • une raideur articulaire ;
  • une forte irritabilité ;
  • une restriction capsulaire ;
  • une arthrose ;
  • une morphologie limitant le mouvement.

Cette comparaison aide à identifier les priorités du programme, sans déterminer à elle seule la structure responsable.

Évaluer la force musculaire

L’évaluation peut concerner :

  • les fléchisseurs ;
  • les extenseurs ;
  • les abducteurs ;
  • les adducteurs ;
  • les rotateurs internes ;
  • les rotateurs externes.

Elle peut être réalisée à l’aide :

  • de tests manuels ;
  • d’un dynamomètre manuel ;
  • d’un appareil isocinétique ;
  • de tâches fonctionnelles ;
  • de tests d’endurance.

Le protocole doit préciser :

  • la position ;
  • la stabilisation ;
  • le placement du dynamomètre ;
  • le type de contraction ;
  • le nombre d’essais ;
  • la durée ;
  • le temps de récupération ;
  • la présence de douleur.

La force maximale ne doit pas être le seul indicateur. Il peut aussi être utile de mesurer :

  • la force sans douleur ;
  • l’endurance ;
  • la fatigabilité ;
  • la réaction après plusieurs répétitions ;
  • la confiance pendant l’effort.

Examiner les abducteurs de hanche

Les muscles glutéaux participent notamment au contrôle du bassin et du membre inférieur.

Le bilan peut associer :

  • une mesure isométrique en abduction ;
  • un appui unipodal ;
  • une marche prolongée ;
  • un step-down ;
  • une montée d’escalier ;
  • une tâche d’endurance ;
  • une mise en charge progressive.

Une douleur lors d’une contraction en abduction peut soutenir une hypothèse tendineuse lorsque le contexte et les autres résultats sont cohérents. Elle n’est toutefois pas spécifique.

Examiner les adducteurs

L’examen des adducteurs est particulièrement pertinent chez les sportifs présentant une douleur inguinale.

Il peut comprendre :

  • la palpation de la région des adducteurs ;
  • une adduction isométrique ;
  • un squeeze test ;
  • la mesure de force ;
  • l’analyse des changements de direction ;
  • les frappes de balle ;
  • l’accélération ;
  • la réaction après l’effort.

Selon l’accord de Doha, une douleur inguinale liée aux adducteurs est notamment définie par une sensibilité des adducteurs et une douleur reproduite par l’adduction résistée. Cette classification distingue également les présentations liées à l’iliopsoas, à la région inguinale, au pubis, à la hanche ou à d’autres causes. Consulter l’accord de Doha.

Examiner les fléchisseurs de hanche et l’iliopsoas

Le bilan peut comprendre :

  • la flexion active ;
  • la flexion résistée ;
  • la mobilité en extension ;
  • la palpation prudente ;
  • la montée d’escalier ;
  • le passage assis-debout ;
  • la course ;
  • les gestes de frappe ;
  • les mouvements provoquant un ressaut.

Une douleur à la flexion résistée peut soutenir une hypothèse concernant l’iliopsoas, mais peut aussi apparaître dans d’autres douleurs antérieures de hanche.

Un ressaut n’est pas nécessairement pathologique. Il doit être interprété selon la douleur, la fréquence et les limitations associées.

Examiner les ischio-jambiers proximaux

Une douleur sous la fesse peut être compatible avec une atteinte proximale des ischio-jambiers.

Le bilan recherche notamment :

  • une douleur lors de la course rapide ;
  • une douleur lors des accélérations ;
  • une douleur en position assise prolongée ;
  • une douleur à l’étirement ;
  • une douleur à la flexion résistée du genou ;
  • une diminution de force ;
  • une sensibilité près de la tubérosité ischiatique ;
  • un traumatisme brutal ou une augmentation progressive des contraintes.

Après un mécanisme brutal avec claquement, ecchymose, faiblesse importante ou difficulté à marcher, une lésion sévère doit être envisagée.

Utiliser les tests de provocation articulaire

Test FADIR

Le test FADIR associe généralement :

  • flexion ;
  • adduction ;
  • rotation interne.

Il peut reproduire une douleur antérieure ou inguinale dans différentes présentations articulaires.

Ce test peut être sensible dans certains contextes, mais sa spécificité est limitée. Un résultat positif ne confirme donc pas à lui seul un conflit fémoro-acétabulaire ou une lésion du labrum.

Test FABER

Le test FABER place la hanche en :

  • flexion ;
  • abduction ;
  • rotation externe.

Il faut relever :

  • la localisation de la douleur ;
  • l’amplitude ;
  • l’asymétrie ;
  • la sensation de fin de course ;
  • la reproduction des symptômes habituels.

Une douleur antérieure, latérale ou postérieure n’a pas la même signification. Le test doit être intégré au reste de l’examen.

Scour test

Le Scour test applique une compression contrôlée pendant le déplacement de la hanche.

Il peut provoquer :

  • une douleur ;
  • un accrochage ;
  • une limitation ;
  • un symptôme familier.

Il ne doit pas être utilisé agressivement et ne permet pas de confirmer seul une lésion intra-articulaire.

Log roll test

Le Log roll test examine la rotation passive du membre inférieur avec une participation musculaire limitée.

Il peut contribuer à apprécier :

  • la douleur ;
  • l’amplitude ;
  • l’asymétrie ;
  • une laxité inhabituelle ;
  • l’irritabilité articulaire.

La précision diagnostique des tests cliniques de hanche reste variable. Une revue systématique a conclu que la majorité des tests pris isolément possèdent des propriétés diagnostiques limitées. Consulter la revue sur les tests cliniques.

Rechercher une douleur latérale de hanche

Le bilan d’une douleur latérale peut comprendre :

  • la localisation précise ;
  • la douleur en décubitus latéral ;
  • la palpation du grand trochanter ;
  • la contraction résistée des abducteurs ;
  • l’appui unipodal ;
  • la montée d’escalier ;
  • la marche ;
  • la course ;
  • les positions en adduction ;
  • les contraintes cumulées au cours de la journée.

Le kinésithérapeute doit également examiner le rachis lombaire et rechercher une douleur irradiée ou des signes neurologiques.

Aucun test ne permet, isolément, de confirmer une tendinopathie glutéale. Une combinaison cohérente de symptômes, de tests de charge et de limitations fonctionnelles est plus informative.

Examiner le rachis lombaire

L’examen lombaire est essentiel lorsque :

  • la douleur est postérieure ;
  • les symptômes descendent dans la cuisse ;
  • des fourmillements sont présents ;
  • la douleur varie avec les mouvements du dos ;
  • l’examen local de la hanche explique mal les symptômes ;
  • la douleur est diffuse ;
  • une faiblesse neurologique est suspectée.

Le bilan peut inclure :

  • les mouvements lombaires répétés ;
  • l’observation d’une centralisation ou d’une périphérisation ;
  • l’examen neurologique ;
  • les réflexes ;
  • la sensibilité ;
  • la force segmentaire ;
  • les tests neurodynamiques ;
  • l’analyse des positions prolongées.

Une douleur ressentie dans la région de la hanche peut provenir du rachis, même en l’absence de lombalgie importante.

Examiner le genou, le bassin et la région abdominale

Selon la présentation, le bilan peut être étendu :

  • au genou ;
  • à l’articulation sacro-iliaque ;
  • au bassin ;
  • à la région pubienne ;
  • à la paroi abdominale ;
  • à la région inguinale ;
  • aux structures vasculaires ou viscérales.

Une masse inguinale, une douleur abdominale, des symptômes urinaires ou une douleur non reproductible par l’examen musculosquelettique doivent conduire à envisager une orientation médicale.

Rechercher une arthrose de hanche

Une présentation compatible avec une arthrose peut associer :

  • une douleur dans l’aine ou la cuisse ;
  • une raideur ;
  • une limitation de rotation interne ;
  • une difficulté à marcher ;
  • une difficulté à mettre ses chaussures ;
  • une gêne dans les escaliers ;
  • une diminution progressive de la fonction ;
  • une réduction de la force ;
  • un âge plus avancé.

L’importance des anomalies radiographiques et l’intensité des symptômes ne sont pas toujours proportionnelles. Le bilan doit donc rester centré sur la douleur, la mobilité, la force et les activités.

Les recommandations JOSPT actualisées en 2025 préconisent notamment d’utiliser des mesures de douleur, de mobilité, de force et de performance physique pour classifier et suivre les personnes présentant une arthrose de hanche. Consulter les recommandations.

Rechercher une douleur non arthrosique de hanche

Chez l’adulte jeune ou sportif, une douleur antérieure aggravée par la flexion, la position assise, les pivots ou les squats peut être compatible avec une douleur articulaire non arthrosique.

Le bilan peut retrouver :

  • une douleur inguinale ;
  • une mobilité réduite ;
  • un FADIR douloureux ;
  • une gêne en flexion profonde ;
  • une diminution de force ;
  • une réduction de la tolérance aux changements de direction ;
  • une appréhension lors de certaines positions.

Les morphologies de type cam ou pincer peuvent exister chez des personnes asymptomatiques. Elles ne doivent donc pas être automatiquement considérées comme la cause de la douleur.

Les recommandations JOSPT sur les douleurs non arthrosiques de hanche encouragent une classification reposant sur l’ensemble de la présentation : symptômes, mobilité, force et limitations d’activité. Consulter les recommandations JOSPT 2023.

Évaluer les tâches fonctionnelles

Les tâches doivent correspondre aux difficultés réelles du patient :

  • marcher ;
  • se lever d’une chaise ;
  • monter les escaliers ;
  • descendre les escaliers ;
  • entrer dans une voiture ;
  • sortir d’une voiture ;
  • mettre ses chaussures ;
  • s’accroupir ;
  • ramasser un objet ;
  • rester debout ;
  • rester assis ;
  • se coucher sur le côté ;
  • porter une charge ;
  • courir ;
  • changer de direction.

Pendant chaque tâche, le kinésithérapeute observe :

  • la douleur ;
  • la vitesse ;
  • l’amplitude ;
  • la stratégie ;
  • la stabilité ;
  • les compensations ;
  • la confiance ;
  • la répétabilité ;
  • la réaction différée.

Utiliser des tests fonctionnels

Selon le profil du patient, le bilan peut intégrer :

  • le Five Times Sit-to-Stand ;
  • le 30-Second Chair Stand Test ;
  • le Timed Up and Go ;
  • le test de marche de six minutes ;
  • un step-up ;
  • un step-down ;
  • un squat ;
  • un squat unipodal ;
  • une fente ;
  • un saut ;
  • un hop test ;
  • un test d’équilibre.

Le test doit être :

  • adapté au niveau du patient ;
  • suffisamment exigeant pour révéler la limitation ;
  • reproductible ;
  • sûr ;
  • pertinent par rapport à l’objectif.

Évaluer la course et les capacités sportives

Chez le sportif, le bilan progresse selon l’irritabilité.

Il peut analyser :

  • la marche rapide ;
  • le footing ;
  • l’accélération ;
  • le sprint ;
  • les changements de direction ;
  • les freinages ;
  • les sauts ;
  • les réceptions ;
  • les frappes ;
  • les contacts ;
  • la fatigue ;
  • la répétition des efforts.

Pour un coureur, il faut également relever :

  • le kilométrage hebdomadaire ;
  • la fréquence des séances ;
  • l’intensité ;
  • le dénivelé ;
  • le type de terrain ;
  • les changements récents ;
  • la douleur pendant la course ;
  • la réaction dans les 24 heures.

La disparition de la douleur pendant un squat ne garantit pas la capacité à tolérer une séance sportive complète.

Utiliser des questionnaires validés

Le suivi peut intégrer :

  • le HOOS ;
  • le HOOS-12 ;
  • le iHOT-12 ;
  • le iHOT-33 ;
  • le Hip Outcome Score ;
  • le Oxford Hip Score ;
  • le Copenhagen Hip and Groin Outcome Score ;
  • le Patient-Specific Functional Scale ;
  • l’échelle numérique de la douleur.

Le choix dépend notamment :

  • de l’âge ;
  • de la pathologie suspectée ;
  • du niveau sportif ;
  • des objectifs ;
  • du contexte chirurgical ou non chirurgical.

Il est préférable de conserver le même outil au cours du suivi.

L’imagerie est-elle nécessaire ?

L’imagerie n’est pas systématiquement nécessaire.

Elle peut être indiquée devant :

  • un traumatisme ;
  • une incapacité d’appui ;
  • une suspicion de fracture ;
  • une douleur osseuse importante ;
  • une suspicion de fracture de fatigue ;
  • une évolution atypique ;
  • une douleur persistante inexpliquée ;
  • une suspicion d’infection ;
  • une suspicion d’ostéonécrose ;
  • une masse ;
  • une planification chirurgicale ;
  • une situation dans laquelle le résultat modifierait la prise en charge.

Pour une douleur chronique non traumatique, la radiographie constitue généralement l’examen initial. Le choix d’une IRM, d’une échographie ou d’un autre examen dépend ensuite de l’hypothèse clinique et des résultats initiaux. Consulter les critères de l’American College of Radiology.

Une anomalie visible à l’imagerie ne prouve pas nécessairement qu’elle est responsable des symptômes. L’imagerie doit toujours être mise en relation avec l’histoire et l’examen clinique.

Intégrer les facteurs psychosociaux

Le bilan doit également explorer :

  • les inquiétudes du patient ;
  • ses croyances sur la douleur ;
  • la peur d’endommager la hanche ;
  • l’évitement des activités ;
  • la confiance dans le mouvement ;
  • le sommeil ;
  • le stress ;
  • la charge professionnelle ;
  • les attentes ;
  • les expériences antérieures ;
  • le soutien social ;
  • la motivation.

Une personne peut présenter une amélioration de la mobilité et de la force tout en restant limitée par la peur de reprendre certaines activités. Cette dimension doit donc être suivie au même titre que les mesures physiques.

Choisir des indicateurs reproductibles

Le bilan initial peut retenir :

  • l’intensité de la douleur ;
  • une activité importante choisie par le patient ;
  • une amplitude limitée ;
  • la rotation interne ;
  • une mesure de force ;
  • l’appui unipodal ;
  • le nombre de levers de chaise ;
  • une distance ou une durée de marche ;
  • la tolérance aux escaliers ;
  • un test de course ;
  • un questionnaire fonctionnel ;
  • le niveau de confiance ;
  • la réaction dans les 24 heures.

Il n’est pas nécessaire de multiplier les mesures. Quelques indicateurs fiables et pertinents sont plus utiles qu’une longue série de tests non reproductibles.

Transformer le bilan en programme de traitement

Selon les résultats, le programme peut comprendre :

  • une explication claire de la situation ;
  • une adaptation temporaire des activités ;
  • le maintien d’un niveau d’activité tolérable ;
  • un travail progressif de mobilité ;
  • un renforcement des abducteurs ;
  • un renforcement des extenseurs ;
  • un travail des adducteurs ;
  • une progression des fléchisseurs ;
  • des exercices fonctionnels ;
  • une exposition graduelle aux positions sensibles ;
  • une progression de la marche ;
  • une reprise graduelle de la course ;
  • un travail des changements de direction ;
  • une préparation aux contraintes professionnelles ;
  • une gestion du sommeil et de la récupération ;
  • un suivi de la réaction sur 24 heures.

Le programme doit cibler les capacités réellement limitées, et non uniquement la zone douloureuse.

Exemple de bilan kiné de la hanche

Une coureuse de 34 ans consulte pour une douleur latérale de hanche apparue progressivement depuis six semaines.

Elle a récemment augmenté son volume de course de deux à quatre séances hebdomadaires et ajouté une séance en côte. La douleur apparaît après 25 minutes de course, lors de la montée des escaliers et lorsqu’elle dort sur le côté douloureux.

Elle ne présente ni traumatisme, ni fièvre, ni douleur nocturne indépendante de la position, ni symptôme neurologique.

Le bilan retrouve :

  • une marche normale sur une courte distance ;
  • une douleur lors de l’appui unipodal prolongé ;
  • une sensibilité latérale ;
  • une douleur lors de l’abduction résistée ;
  • une endurance réduite des abducteurs ;
  • une mobilité de hanche globalement conservée ;
  • un examen lombaire ne reproduisant pas les symptômes ;
  • une douleur apparaissant lors d’un step-down répété.

L’ensemble est compatible avec une douleur latérale de hanche sensible à la charge, dans un contexte d’augmentation récente des contraintes.

Le programme initial peut comprendre :

  • une réduction temporaire du volume de course ;
  • la suppression provisoire des côtes les plus exigeantes ;
  • une modification des positions nocturnes ;
  • un renforcement progressif des muscles glutéaux ;
  • un travail fonctionnel en appui ;
  • une reprise graduelle de la course ;
  • un suivi de la réaction dans les 24 heures.

L’appui unipodal, la force, le step-down et la durée de course tolérée sont ensuite réévalués dans les mêmes conditions.

Les erreurs fréquentes lors du bilan de la hanche

Attribuer automatiquement une douleur inguinale au labrum

Une douleur dans l’aine peut avoir plusieurs origines. Un clic ou un test de provocation positif ne suffit pas à conclure à une lésion symptomatique du labrum.

Diagnostiquer une bursite devant toute douleur latérale

Les douleurs latérales de hanche impliquent souvent plusieurs structures et mécanismes. Le terme « bursite » ne doit pas être utilisé sans nuance.

Dépendre du test FADIR

Le FADIR peut reproduire les symptômes dans plusieurs présentations. Il ne confirme pas seul un conflit fémoro-acétabulaire.

Négliger une fracture de fatigue

Une douleur progressive chez un coureur n’est pas toujours une tendinopathie ou une simple surcharge musculaire.

Oublier le rachis lombaire

Une douleur de la hanche ou de la fesse peut être d’origine lombaire, même si la lombalgie est limitée.

Confondre faiblesse et douleur

Une diminution de force peut résulter de la douleur, d’une inhibition ou d’une appréhension, sans lésion musculaire.

Surinterpréter l’imagerie

Une morphologie cam, une lésion du labrum ou des signes dégénératifs peuvent être présents sans provoquer de symptômes.

Corriger systématiquement la posture

Une variation du mouvement ou de la position du bassin ne constitue pas automatiquement un défaut à corriger.

Tester trop fortement une hanche très irritable

Les tests répétés peuvent aggraver les symptômes sans fournir d’information supplémentaire.

Réévaluer uniquement la douleur

La mobilité, la force, la marche, les activités, l’endurance et la confiance doivent également être suivies.

Ce qu’il faut retenir

Un bilan kiné pour une douleur à la hanche ne repose pas sur un test miracle.

Les éléments essentiels sont les suivants :

  • commencer par l’histoire et les objectifs du patient ;
  • préciser la localisation et le comportement des symptômes ;
  • distinguer les présentations traumatiques et progressives ;
  • rechercher une fracture ou une fracture de fatigue ;
  • identifier les signes nécessitant une orientation médicale ;
  • observer la marche et l’appui unipodal ;
  • mesurer les amplitudes de manière reproductible ;
  • évaluer la force et l’endurance ;
  • sélectionner les tests selon les hypothèses ;
  • ne pas interpréter isolément le FADIR ou le FABER ;
  • examiner le rachis lombaire ;
  • considérer les régions abdominale, inguinale et pelvienne ;
  • analyser les activités réellement limitées ;
  • rapprocher progressivement le bilan des exigences sportives ;
  • utiliser l’imagerie uniquement lorsqu’elle peut modifier la prise en charge ;
  • intégrer les croyances, le sommeil et la confiance ;
  • suivre régulièrement quelques indicateurs pertinents.

Cette démarche permet de transformer le bilan en un programme individualisé, centré sur les capacités que le patient doit retrouver.

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Ressources associées

  • Koc TA Jr, et al. Hip Pain and Mobility Deficits—Hip Osteoarthritis: Revision 2025. Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy, 2025. Consulter les recommandations.
  • Enseki KR, et al. Hip Pain and Movement Dysfunction Associated With Nonarthritic Hip Joint Pain: Revision 2023. Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy, 2023. Consulter les recommandations.
  • American College of Radiology. ACR Appropriateness Criteria: Acute Hip Pain. Consulter les recommandations.
  • American College of Radiology. ACR Appropriateness Criteria: Chronic Hip Pain. Consulter les recommandations.
  • Weir A, et al. Doha agreement meeting on terminology and definitions in groin pain in athletes. British Journal of Sports Medicine, 2015. Consulter le consensus.
  • Reiman MP, et al. Diagnostic accuracy of clinical tests of the hip: a systematic review with meta-analysis. British Journal of Sports Medicine, 2013. Consulter l’étude.
  • Caliesch R, et al. Diagnostic accuracy of clinical tests for cam or pincer morphology in individuals with suspected femoroacetabular impingement. BMJ Open Sport & Exercise Medicine, 2020. Consulter la revue.

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