Téléconsultation en kinésithérapie : dans quels cas est-elle pertinente ?
En France, le terme officiel est télésoin pour les auxiliaires médicaux.
En France, le terme officiel est télésoin pour les auxiliaires médicaux. Il peut être pertinent pour le suivi d’exercices, l’éducation, la progression d’un programme et certaines situations où l’accès au cabinet est difficile. Il n’est pas adapté lorsqu’un examen physique direct, une prise en charge urgente, un environnement sécurisé ou un soin impossible à distance est nécessaire.
Règles vérifiées le 29 juillet 2026. Consultez l’Assurance Maladie et la NGAP avant facturation.
Téléconsultation ou télésoin ?
La téléconsultation désigne habituellement une consultation médicale à distance. Pour le masseur-kinésithérapeute, l’Assurance Maladie parle de télésoin. La séance utilise une vidéotransmission permettant un échange synchrone.
Le télésoin n’est pas un simple appel. Il suppose :
- une situation compatible ;
- une information et un consentement ;
- une qualité suffisante de communication ;
- la confidentialité ;
- une identification correcte ;
- une traçabilité ;
- une continuité avec le parcours.
Quelles règles pour les kinés en 2026 ?
Selon l’Assurance Maladie, le kinésithérapeute conventionné peut réaliser au maximum 20 % de son activité conventionnée à distance, seuil calculé sur l’activité annuelle globale. La facturation utilise le code TMK, affecté du même coefficient que l’acte présentiel auquel il se substitue, selon les règles de la NGAP.
Le télésoin ne se cumule pas avec des frais de déplacement. Les modalités de facturation d’une série peuvent différer selon que le dernier acte est réalisé à distance ou en présence : vérifiez la page officielle lors de la facturation.
La pertinence ne se résume pas à l’éligibilité administrative. Le professionnel doit juger si la distance permet un soin de qualité et orienter vers le présentiel si nécessaire.
Dans quels cas le télésoin est-il pertinent ?
Suivi d’un programme déjà établi
Après un bilan présentiel, la vidéo peut permettre de :
- vérifier l’exécution ;
- adapter le dosage ;
- progresser ou régresser ;
- répondre aux difficultés ;
- soutenir l’adhésion ;
- préparer la reprise.
Cette modalité convient particulièrement lorsque les exercices sont observables et réalisables sans assistance physique.
Éducation et autogestion
Le télésoin peut soutenir l’explication de la douleur, la gestion de charge, la planification et l’exposition progressive. Il peut réduire le temps de déplacement sans réduire l’échange.
Patient éloigné ou mobilité limitée
Distance, absence de transport, contraintes professionnelles, intempéries ou fragilité peuvent rendre le suivi à distance intéressant. Cela ne signifie pas que toute personne à mobilité réduite est automatiquement adaptée au télésoin : sécurité et aide disponible comptent.
Continuité lors d’un déplacement
Une séance à distance peut éviter une interruption prolongée et maintenir le plan.
Rééducation fonctionnelle observable
Équilibre simple, contrôle moteur, renforcement, mobilité active ou reprise d’activité peuvent parfois être suivis en vidéo.
Prévention et activité physique
Conseils ergonomiques contextualisés, progression d’activité et suivi d’objectifs se prêtent bien au distanciel.
Quand privilégier le présentiel ?
Suspicion de drapeau rouge
Douleur thoracique, déficit neurologique progressif, traumatisme important, signes infectieux ou autre situation préoccupante nécessitent une orientation adaptée. Consultez le guide des drapeaux rouges.
Besoin d’un examen direct
Si la décision dépend d’une mesure non fiable en vidéo, d’un examen neurologique complet, d’une palpation ou d’un test nécessitant une résistance manuelle, le présentiel est préférable.
Risque de chute
Un exercice potentiellement instable ne doit pas être testé seul à domicile sans aménagement.
Postopératoire complexe
Plaie, complications, consignes chirurgicales spécifiques ou évolution inhabituelle peuvent nécessiter un examen direct ou médical.
Difficulté numérique
Mauvaise connexion, absence de caméra, troubles cognitifs, auditifs ou visuels peuvent altérer la sécurité et la communication. Un aidant peut parfois aider, avec l’accord du patient.
Soin techniquement impossible à distance
Le télésoin ne doit pas devenir une version dégradée d’un soin dont l’essentiel nécessite la présence.
Comment évaluer l’éligibilité ?
Critères cliniques
- diagnostic ou hypothèses suffisamment établis ;
- absence de signe nécessitant un examen urgent ;
- objectifs compatibles ;
- capacité d’auto-observation ;
- exercices sécurisés ;
- possibilité d’orientation.
Critères environnementaux
- espace suffisant ;
- éclairage ;
- caméra stable ;
- matériel disponible ;
- sol dégagé ;
- aide si nécessaire ;
- adresse connue en cas d’incident.
Critères relationnels
- consentement ;
- compréhension ;
- capacité à suivre des consignes ;
- préférence du patient ;
- possibilité d’interrompre.
Comment préparer une séance ?
Avant :
- confirmer l’identité et les coordonnées ;
- envoyer le lien par un canal approprié ;
- préciser matériel et tenue ;
- demander un espace dégagé ;
- rappeler la procédure en cas de problème ;
- vérifier le consentement.
Au début :
- confirmer où se trouve le patient ;
- vérifier image et son ;
- demander si quelqu’un est présent ;
- réévaluer les symptômes ;
- rechercher un événement nouveau ;
- annoncer les objectifs.
Pendant :
- utiliser des consignes courtes ;
- modifier l’angle de caméra ;
- faire démontrer ;
- limiter les tâches simultanées ;
- surveiller symptômes et fatigue ;
- privilégier la sécurité.
Après :
- résumer ;
- transmettre les consignes ;
- documenter ;
- fixer les critères de contact ;
- programmer présentiel si besoin.
Peut-on faire un bilan initial à distance ?
Une partie de l’anamnèse, des questionnaires et de l’observation peut être réalisée à distance. La question n’est pas seulement « est-ce autorisé ? », mais « les informations obtenues suffisent-elles pour prendre une décision sûre ? »
Un modèle hybride est souvent pertinent :
- entretien initial à distance ;
- examen présentiel ciblé ;
- alternance selon les objectifs.
La distance ne doit pas donner une illusion de précision. Une amplitude estimée en vidéo, par exemple, dépend de la caméra.
Quelles pathologies s’y prêtent ?
La pertinence dépend davantage de la phase, de l’objectif et du patient que du diagnostic. Le télésoin peut s’intégrer dans :
- lombalgie commune ;
- gonarthrose ou coxarthrose ;
- tendinopathie stable ;
- suivi postopératoire simple après validation ;
- reconditionnement ;
- prévention des chutes à faible risque ;
- programme respiratoire sélectionné ;
- éducation vestibulaire, selon situation.
Il n’existe pas de liste qui remplace le jugement.
Efficacité : que dit la littérature ?
Les études sur la téléréadaptation suggèrent qu’elle peut obtenir des résultats comparables au présentiel pour certaines populations et interventions, notamment lorsque le programme est actif et le suivi structuré. Mais l’hétérogénéité est importante : technologies, pathologies, intensité et populations varient.
Il faut distinguer :
- visioconférence avec professionnel ;
- application autonome ;
- capteurs ;
- messages ;
- programme hybride.
Une efficacité moyenne ne prouve pas l’adéquation à chaque patient.
Protection des données
Le cabinet doit utiliser une solution adaptée, sécuriser les accès, limiter les informations collectées et éviter les enregistrements non nécessaires.
Points à contrôler :
- contrat ;
- chiffrement ;
- hébergement ;
- sous-traitants ;
- authentification ;
- journalisation ;
- durée de conservation ;
- gestion des incidents ;
- suppression ;
- information du patient.
N’utilisez pas automatiquement un outil de visioconférence personnel parce qu’il est familier.
Comment facturer ?
L’Assurance Maladie indique :
- lettre-clé TMK ;
- valeur unitaire métropolitaine affichée à 2,15 € ;
- coefficient correspondant à l’acte substitué ;
- respect de la NGAP ;
- absence de cumul avec les frais de déplacement ;
- plafond de 20 %.
Les règles peuvent évoluer. Le texte opposable et les pages professionnelles priment sur un article.
Les erreurs fréquentes
Faire du distanciel par défaut
Le canal doit répondre à un objectif.
Négliger l’environnement
Un exercice sûr au cabinet peut être dangereux dans un salon encombré.
Ne pas prévoir de plan B
Définissez quoi faire si la connexion coupe ou si les symptômes changent.
Sous-documenter
Le dossier doit préciser la modalité, le consentement, les observations, le contenu et la suite.
Confondre télésoin et programme envoyé
Une vidéo ou un PDF n’est pas une séance synchrone.
À retenir
Le télésoin est pertinent lorsqu’il améliore l’accès ou la continuité sans diminuer la sécurité et la qualité. Un modèle hybride est souvent judicieux. Évaluez le patient, l’objectif, l’environnement et la technologie, documentez la séance et vérifiez les règles officielles avant facturation.
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