Coxarthrose : quels exercices recommander en kinésithérapie ?
La coxarthrose peut limiter la marche, les escaliers, l’habillage et les loisirs, mais elle ne doit pas conduire à une stratégie de protection permanente.
La coxarthrose peut limiter la marche, les escaliers, l’habillage et les loisirs, mais elle ne doit pas conduire à une stratégie de protection permanente. La guideline JOSPT 2025 recommande un programme d’exercices individualisé, éventuellement complété par une thérapie aquatique, de l’éducation et certaines techniques manuelles. Le contenu dépend surtout des déficits, des objectifs et de la tolérance du patient.
Que rechercher au bilan ?
Le tableau clinique associe souvent douleur de l’aine ou de la région antérieure de hanche, raideur, diminution de la rotation interne et gêne lors des activités en charge. La douleur peut aussi être latérale, fessière ou projetée vers le genou.
Le bilan comprend :
- localisation et comportement de la douleur ;
- amplitudes, notamment flexion, extension et rotation interne ;
- force des extenseurs, abducteurs et rotateurs ;
- marche, escaliers, assis-debout et équilibre ;
- niveau d’activité et objectifs ;
- comorbidités et facteurs psychosociaux ;
- mesures fonctionnelles comme le HOOS, le 30-second chair stand ou un test de marche.
Une douleur aiguë après traumatisme, l’impossibilité d’appui, une fièvre, une altération générale ou une douleur nocturne inhabituelle imposent de rechercher une autre cause.
Quels principes guider la prescription ?
Le programme doit associer :
- mobilité utile ;
- renforcement progressif ;
- tâches fonctionnelles ;
- activité aérobie ;
- auto-gestion à long terme.
Les études de la guideline 2025 utilisent des formats très variés, souvent une à trois séances hebdomadaires pendant cinq à seize semaines. Cela confirme qu’il n’existe pas une dose universelle.
Exercice 1 : assis-debout ou squat vers une chaise
Cet exercice entraîne simultanément hanche et genou.
Progressions possibles
- augmenter la profondeur ;
- ralentir la descente ;
- supprimer l’aide des mains ;
- ajouter une charge ;
- utiliser une variante asymétrique.
Prescrire 2 à 4 séries de 6 à 15 répétitions. Une légère gêne peut être acceptable si elle reste transitoire.
Exercice 2 : pont de hanches
Le pont charge les extenseurs sans exiger une grande amplitude en flexion.
Progression :
- pont bilatéral ;
- maintien isométrique ;
- élastique autour des genoux ;
- charge sur le bassin ;
- pont unilatéral assisté.
Exercice 3 : abduction de hanche
L’abduction peut être travaillée couché, debout avec élastique ou en marche latérale. Le choix dépend de la capacité à produire un effort suffisant sans compensation excessive.
Une option simple :
- 3 séries de 8 à 15 répétitions ;
- effort perçu modéré à difficile ;
- augmentation de la résistance lorsque 15 répétitions sont réalisées aisément.
Exercice 4 : step-up
Le step-up prépare aux escaliers et au transfert de charge. Commencer par une marche basse et un appui manuel. Progresser par la hauteur, la charge puis le contrôle de la descente.
Chez un patient très irritable, l’exercice peut être remplacé temporairement par une presse ou un assis-debout de faible amplitude.
Exercice 5 : fente ou split squat
Le split squat permet de renforcer dans une position fonctionnelle. Une amplitude courte et un appui sont souvent mieux tolérés au départ. La progression vise une amplitude plus grande, une charge externe puis des tâches plus dynamiques.
Quels exercices de mobilité proposer ?
La mobilité doit cibler une limitation utile plutôt que rechercher une amplitude « normale » à tout prix.
Exemples :
- flexion de hanche assistée ;
- rotation interne et externe dans une amplitude confortable ;
- extension de hanche en position de fente ;
- mobilisation active sur vélo ;
- mouvements de hanche en décharge dans l’eau.
Des mobilisations articulaires peuvent réduire la douleur et améliorer temporairement l’amplitude chez certains patients, mais elles complètent l’exercice sans s’y substituer.
Quelle activité aérobie choisir ?
La marche, le vélo et les activités aquatiques sont les options les plus courantes. La guideline 2025 soutient l’exercice aquatique pour améliorer douleur, mobilité et fonction lorsque la charge terrestre est difficile.
Commencer par une durée tolérée, par exemple 10 à 15 minutes, puis augmenter progressivement. Une canne utilisée du côté opposé peut temporairement faciliter la marche chez certains patients.
Comment gérer les poussées ?
Une poussée peut survenir après une augmentation inhabituelle de marche, de jardinage ou d’entraînement. Elle ne prouve pas une dégradation structurelle rapide.
Pendant quelques jours :
- réduire le volume sans tout arrêter ;
- conserver des exercices plus faciles ;
- fractionner les activités ;
- réaugmenter ensuite une seule variable à la fois.
Exemple de progression
Phase initiale
- mobilité active confortable ;
- assis-debout haut ;
- pont ;
- abduction légère ;
- vélo ou marche fractionnée.
Développement de la force
- squat plus profond ;
- step-up ;
- split squat assisté ;
- pont chargé ;
- abduction résistée.
Retour aux activités
- escaliers plus hauts ;
- port de charges ;
- marche plus longue et plus rapide ;
- tâches spécifiques au travail, au jardinage ou au sport.
Et avant ou après une prothèse ?
Avant une arthroplastie, l’exercice peut entretenir la condition physique et préparer la récupération, sans garantir l’absence de chirurgie. Après une prothèse, la prescription dépend du protocole chirurgical, de la cicatrisation et des critères fonctionnels. Elle relève d’un article et d’un parcours spécifiques.
Les erreurs fréquentes
- Limiter durablement toutes les activités en charge.
- Prescrire uniquement des étirements.
- Rechercher une symétrie parfaite malgré des adaptations structurelles.
- Oublier le renforcement du genou et du mollet.
- Confondre douleur transitoire et dommage.
- Utiliser un programme identique pour tous.
Ce qu’il faut retenir
La coxarthrose répond à une prise en charge active, progressive et individualisée. Le programme associe force, mobilité utile, activité aérobie et tâches choisies avec le patient.
Ressources associées
- Koc TA Jr, et al. Hip Pain and Mobility Deficits—Hip Osteoarthritis: Revision 2025. J Orthop Sports Phys Ther. 2025.
- Moseng T, et al. EULAR recommendations for the non-pharmacological core management of hip and knee osteoarthritis. Ann Rheum Dis. 2024.
- NICE. Osteoarthritis in over 16s: diagnosis and management. 2022.
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